Le magazine d’actualité qui donne la parole aux experts et aux téléspectateurs chaque soir du lundi au samedi sur France 5 et en direct.
La guerre au Moyen-Orient se poursuit et la crainte de voir le prix du baril de Brent dépasser les 100 dollars ne cesse de croître. Les automobilistes affluent dans les stations-service, anticipant une nouvelle flambée des prix à la pompe, et les marchés sont tout aussi fébriles après que Donald Trump a douché les espoirs d’un apaisement rapide du conflit. Le président des États-Unis s’est donné encore « deux à trois semaines » de frappes pour renvoyer la République islamique « à l’âge de pierre » et menace de nouvelles destructions d’infrastructures civiles, citant les ponts et les centrales électriques, alors que du matériel militaire et des troupes continuent d’être massés au Moyen-Orient.
L’Iran, de son côté, revendique de nouvelles attaques visant les intérêts américains et israéliens dans le Golfe, et annonce avoir abattu un deuxième chasseur américain F-35. Le régime iranien met également en garde l’ONU avant le vote d’une résolution sur le détroit d’Ormuz et affirme travailler avec Oman à un « protocole » visant à sécuriser la navigation dans ce passage stratégique, bloqué depuis le début de la guerre, par où transite en temps normal un cinquième de la production mondiale de pétrole, ainsi que du gaz naturel liquéfié et des engrais.
Dans le même temps, on a appris que le porte-conteneurs Kribi, battant pavillon maltais et appartenant au groupe français de transport maritime CMA CGM, a réussi à passer jeudi le détroit d’Ormuz pour sortir du Golfe, en affichant via son signal de navigation avoir un « propriétaire français », selon les données de suivi maritime du site MarineTraffic. Il semble s’agir du premier passage connu d’un navire d’un grand groupe européen de transport maritime par cette voie cruciale, pratiquement paralysée par la guerre au Moyen-Orient.
Comment Téhéran filtre-t-il les passages par cette voie d’eau stratégique ? Un système de péage structuré est-il mis en place par les gardiens de la révolution ? Trump envisage-t-il d’envoyer des troupes au sol ? Quel sera l’impact de la crise énergétique en France et dans le monde ?
Nos experts :
- Général Dominique TRINQUAND - Ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU
- Vincent CROUZET - Expert en renseignement, et auteur de Le jour ou je suis devenu espion publié aux éditions de l’Observatoire
- Patricia ALLEMONIERE - Grand reporter, ancienne correspondante permanente à Jérusalem et auteure de Au cœur du Chaos, publié aux éditions Arthaud
- Georges MALBRUNOT - Grand reporter spécialiste du Moyen-Orient - Le Figaro
Quatre astronautes de la mission Artémis 2 de la Nasa se sont envolés pour un aller-retour de dix jours autour de la Lune. Artémis 2 constitue un test pour ouvrir la voie à un retour sur le sol lunaire en 2028, plus d'un demi-siècle après les missions Apollo. La fusée Space Launch System a décollé à 0h35 jeudi matin, heure française, depuis le centre spatial Kennedy en Floride. Quelques minutes plus tard, le commandant américain de la mission, Reid Wiseman, s'exclamait déjà: "Nous voyons un beau lever de Lune". Les astronautes devraient battre le record de l'équipage s'étant le plus éloigné de la Terre, lundi prochain. Leur mission vise à confirmer que cette fusée haute de 98 mètres et non réutilisable pourra acheminer des astronautes sur la surface lunaire d'ici 2028, avant la fin du mandat de Donald Trump.
Alors que la guerre se poursuit au Moyen-Orient et que le litre de SP95-E10 atteint en moyenne les deux euros à la pompe, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé à ses ministres, dans une lettre rendue publique, de « travailler à une affectation des éventuels surplus de recettes fiscales » liés à la hausse des prix des carburants vers l’électrification de l’économie. Il a réaffirmé cette orientation lors d’une réunion du gouvernement à Matignon, mercredi matin.
Pourtant, depuis plusieurs semaines, plusieurs membres du gouvernement assurent que l’État ne bénéficie pas de la situation, en réponse aux attaques de l’opposition.
« Quand on a dit qu'il ne fallait pas que l'État profite de la crise, le Premier ministre et l'ensemble des ministres nous ont expliqué qu'il n'y avait pas de recettes fiscales supplémentaires. C'était déjà un mensonge », a immédiatement taclé Marine Le Pen. La semaine dernière, la cheffe de file des députés du Rassemblement national (RN) avait accusé le gouvernement d’être un « profiteur de crise » en refusant de baisser les taxes sur le carburant.
« Il n'y a pas de cagnotte quand on a un déficit de 5 % », a répliqué le ministre des Comptes publics, rappelant les conséquences de la hausse du prix du pétrole : baisse des volumes et hausse des taux d’intérêt… Le gouvernement a également promis la transparence sur ce surplus de recettes, une fois les recettes de TVA du mois de mars consolidées. Mais déjà, certains avancent leurs propositions.
Laurent Wauquiez, député LR de la Haute-Loire, « demande que cet argent soit intégralement redonné aux automobilistes sous forme de baisse des taxes ». Au PS également, on souhaite que ces recettes soient reversées aux automobilistes. De son côté, LFI dénonce les « superprofits » des « multinationales du pétrole » et plaide pour un blocage des prix à la pompe.
Dans un contexte de forte volatilité des cours mondiaux du pétrole, les géants des énergies fossiles sont de plus en plus accusés de « tirer profit » de l’escalade du conflit au Moyen-Orient, qui semble loin de s’achever. Dans la nuit, le président américain a douché les espoirs d’un apaisement rapide, se donnant deux à trois semaines pour mener à bien son opération et ramener l’Iran à l’« âge de pierre ».
Dans les heures qui ont suivi, le régime iranien a promis des attaques « écrasantes » contre les États-Unis et Israël, tandis que l’État hébreu signalait plusieurs tirs de missiles.
Dans la foulée, le prix du baril de pétrole s’est envolé sur les marchés. Des médias américains s’intéressent depuis plusieurs jours à des spéculateurs anonymes qui s’enrichiraient avant même l’annonce de décisions du président des États-Unis. Par ailleurs, plusieurs médias américains et internationaux ont documenté, ces derniers mois, une accélération des activités commerciales liées à Donald Trump et à sa famille depuis le début de son second mandat.
Entre cryptoactifs, immobilier, licences de marque et investissements dans des secteurs stratégiques, le retour du président à la Maison-Blanche s’accompagne d’un enrichissement qui alimente des soupçons récurrents de conflit d’intérêts.
Nos experts :
- Philippe DESSERTINE - Directeur de l’Institut de Haute Finance, auteur de L’horizon des possibles
- Thierry BROS - Professeur à Sciences PO – Spécialiste des questions énergétiques
- Marie BELLAN - Journaliste – Les Echos
- Richard WERLY - Éditorialiste international – Blick.ch, auteur de Cette Amérique qui nous déteste
Quel sera l'impact de la guerre au Moyen-Orient sur les factures de gaz et d'électricité ? La présidente de la Commission de Régulation de l'Energie, Emmanuelle Wargon, est notre invitée. Les frappes sur des infrastructures énergétiques, et la situation dans le détroit d'Ormuz inquiètent les Français, qui ont peur de voir les conséquences sur les factures de gaz et d'électricité. Alors que la campagne nationale du chèque énergie commence aujourd'hui, aura-t-on un impact dès le mois de mai, ou plutôt à l'automne ? Et les prix de l'électricité vont-ils être impactés ? Doit-on s'attendre à une inflation comparable à ce qu'on a vécu en 2022 après l'invasion russe en Ukraine ? Enfin, comment avancer plus vite dans le plan l'électrification, comme le voudrait le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui souhaite réduire notre dépendance aux énergies fossiles. Marie BILLON ( en duplex de Londres )- correspondante en Grande-Bretagne pour la radio RTL.
Le maire de Saint-Ouen, réélu le 22 mars dernier, est un opposant à l’union avec les Insoumis. Après les municipales, il appelle à un changement de direction au Parti socialiste, qu’il juge enlisé dans des compromis tactiques avec LFI. Réélu face à la candidate LFI avec 56,44 % des voix, il a exigé le départ d’Olivier Faure : « Il doit démissionner. C’est un échec total » a-t-il déclaré. Il reviendra avec nous sur l'ambiance de ces municipales, et sur son rôle d'élu de proximité, dans une période de forte crispation par rapport au politique.
Après plus d’un mois de guerre au Moyen-Orient entre Israël et les États-Unis contre l’Iran et ses proxies, les frappes continuent de tous côtés, touchant également une grande partie des pays du Golfe, notamment les installations énergétiques. L’économie mondiale, impactée par le blocage du détroit d’Ormuz, tourne au ralenti, et Donald Trump continue de souffler le chaud et le froid. Ce mardi, le président des États-Unis a adressé un message sans détour aux pays européens, désormais confrontés à des pénuries de carburant, les exhortant à « trouver le courage qui [leur] a manqué jusque-là, à se rendre dans le détroit et à LE PRENDRE [le pétrole] ».
« Vous allez devoir commencer à apprendre à vous battre par vous-mêmes, les États-Unis ne seront plus là pour vous aider, tout comme vous n’étiez pas là pour nous », a écrit Donald Trump sur son réseau social. Le président des États-Unis a également ciblé la France, accusée d’avoir bloqué le survol de son territoire par des avions transportant du matériel militaire à destination d’Israël. « La France n’a apporté aucune aide face au "boucher iranien", qui a été neutralisé. Les États-Unis s’en souviendront », a-t-il affirmé.
En Europe, depuis la fermeture effective du détroit d’Ormuz et le début des frappes, les prix des hydrocarbures ont bondi et l’inflation dans la zone euro a grimpé à 2,5 % sur un an en mars, contre 1,9 % en février. La France s’en tire un peu mieux, avec une inflation à 1,7 % en mars sur un an, mais la crainte d’une pénurie de carburant grandit.
Au Moyen-Orient, c’est le spectre d’une guerre de l’eau qui inquiète. Lundi, une usine de dessalement et d’électricité a été visée par des frappes au Koweït. Les pays du Golfe ont aussitôt accusé l’Iran, qui a nié l’attaque, rejetant la responsabilité sur Israël. Une frappe qui n’est pas un cas isolé, car depuis le début du conflit, ces infrastructures énergétiques sont régulièrement ciblées par des bombardements. Dans une région parmi les plus arides du monde, ces équipements, qui transforment l’eau de mer en eau douce, sont un enjeu de sécurité nationale pour les pays du Golfe, qui en comptent plusieurs centaines le long de leurs côtes. Aux Émirats arabes unis, 42 % de l’eau potable provient de ces usines, 90 % au Koweït, 86 % à Oman et 70 % en Arabie saoudite, selon une note de l’Institut français des relations internationales.
Au Liban, l’armée israélienne continue d’avancer dans le sud du pays, poussant des milliers d’habitants à fuir. Le Conseil de l’ONU se réunit ce mardi à la demande de la France, après la mort de trois casques bleus indonésiens de la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban). Paris appelle à faire toute la lumière sur les circonstances de leur mort.
Nos experts :
- Général JEAN-PAUL PALOMÉROS - Ancien chef d’état-major, ancien commandant suprême de la transformation de l’OTAN
- Christine OCKRENT - Journaliste - Auteure de Le Trump de A à Z
- Alain PIROT - Journaliste, spécialiste des questions de défense
- Lucas MENGET - Grand reporter, spécialiste des questions internationales
- Aude Bariety De Lagarde ( duplex de Berlin) - Correspondante à Berlin pour Le Figaro