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  • 14 minutes 1 second
    “Soumsoum, la nuit des astres”, entretien avec le réalisateur Mahamat-Saleh Haroun

    “Soumsoum, la nuit des astres”, présenté en compétition officielle au Festival de Berlin 2026, capte l’essence d’un monde où le surnaturel et les traditions millénaires s’entrelacent. Le film raconte l’histoire d’une amitié entre deux femmes, en toile de fond d’un village du Tchad, où croyances ancestrales côtoient la modernité. Réalisateur Mahamat-Saleh Haroun dépeint avec authenticité la coexistence de ces univers, souvent mystérieux et imprévisibles, qui marquent la vie quotidienne des habitants.

    Les enjeux sociaux et spirituels du film

    Le film met en lumière la lutte contre l’exclusion dans une société patriarcale, où les femmes, perçues comme porteuses de traditions, jouent un rôle clé. La protagoniste, qui possède des pouvoirs invisibles, incarne une résistance silencieuse face à l’oubli et à l’effacement des légendes ancestrales, souvent bannies par l’arrivée des religions révélées. La réalisatrice souligne également la peur du pouvoir face à l’invisible, illustrée par l’importance du surnaturel dans la vie et la mort.

    Une célébration du lien entre nature et croyance

    Les paysages envoûtants du site classé à l’UNESCO nourrissent une atmosphère magique, où montagnes et rochers deviennent des parties intégrantes des croyances populaires. La nature elle-même apparaît comme un témoin silencieux de traditions ancestrales, renforçant l’idée que le film est aussi l’évocation d’un équilibre fragile entre l’homme, la nature et le spirituel.

    “Soumsoum, la nuit des astres” offre une lecture profonde des croyances et de la culture tchadienne, tout en soulignant la puissance féminine comme vecteur de résistance et de transmission. Ce film résonne comme un appel à la préservation des traditions face au poids du changement et à l’oubli.

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    20 February 2026, 8:36 am
  • 8 minutes 39 seconds
    “Fatna, Une Femme Nommée Rachid”, entretien avec la réalisatrice Hélène Harder et la protagoniste Fatna El Bouhi

    “Fatna, Une Femme Nommée Rachid” de Hélène Harder, présenté en première mondiale au 22ème Festival International du Film De Marrakech, est un film profondément bouleversant qui met en lumière la force d’une femme face à ses traumatismes et à ses combats présents.

    Reconnaissance et Transmission

    Le film s’appuie sur un récit intime où Fatna El Bouhi partage ses expériences, notamment sa visite à son dossier de l’instance équité et réconciliation. Elle explique qu’évoquer son passé à l’écran diffère du livre: «L’image est plus forte, elle touche tout le monde, même ceux qui ne savent pas lire». Son témoignage, à la fois personnel et collectif, souligne l’impact du cinéma pour sensibiliser un large public, comme les jeunes ou les femmes analphabètes. Le film ne se limite pas aux souffrances passées, il reflète aussi ses luttes actuelles pour la justice.

    Un Regard Respectueux et Intime

    Hélène Harder a choisi d’adopter une approche respectueuse de la pudeur de Fatna, évitant toute intrusion excessive dans son intimité. La collaboration étroite entre elles a permis de préserver l’émotion tout en donnant une vision sincère de son vécu. La relation avec ses enfants, notamment, est essentielle: raconter son histoire à ses filles constitue un moment à la fois difficile et porteur d’espoir. Pour Fatna, cette démarche contribue à prévenir la répétition des traumatismes et à construire un avenir meilleur.

    Ce film, porté par une narration authentique, illustre l’impact d’un trauma sur la vie d’une femme mais aussi sa capacité à s’en relever. “Fatna, Une Femme Nommée Rachid” témoigne que la résilience individuelle et collective peut transformer la douleur en force de reconstruction.

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    5 December 2025, 8:47 am
  • 7 minutes 56 seconds
    “Calle Malaga”, interview avec la réalisatrice Maryam Touzani

    Le film “Calle Malaga” de Maryam Touzani, présenté lors du festival de Marrakech, incarne une profonde célébration de la vie, de la mémoire et de la force intérieure. La réalisatrice a puisé dans ses souvenirs personnels pour créer un récit touchant autour d’une femme âgée, Maria Angeles, qui refuse de quitter sa maison, témoin de sa vie et de ses émotions.

    Une renaissance à tout âge

    Dans “Calle Malaga“, la vieillesse n’est pas une fin, mais un début de renaissance. La protagoniste, avec son vécu riche et ses sensations retrouvées, illustre que l’on peut continuer à découvrir et à jouir de la vie, peu importe l’âge. La séquence où elle évoque ses premières expériences sexuelles, en ayant 80 ans, souligne cette idée que la vie peut toujours offrir de nouvelles surprises. Maryam Touzani veut briser les tabous liés à la sexualité et à la vieillesse, offrant une vision à la fois tendre et libre.

    L’attachement aux lieux et à la mémoire

    Calle Malaga” met également en lumière l’importance des lieux de vie, comme la maison de Maria Angeles, qui devient un symbole de l’identité et de l’histoire personnelle. Retirer ce lieu, selon la réalisatrice, revient à lui arracher une part de son âme, soulignant la nécessité de préserver ses racines. “Calle Malaga” invite à une réflexion sur la relation entre espace, mémoire et émotion, en montrant que ces lieux façonnent notre être. Le film insiste sur le fait que la vie, même à un âge avancé, mérite d’être vécue pleinement et avec authenticité.

    Le choix de Carmen Maura

    Le rôle de Maria Angeles a été incarné par l’actrice Carmen Maura, dont la vitalité et l’énergie correspondent parfaitement à la vision de Mariam Touzani. Leur collaboration a permis de donner vie à un personnage à la fois espiègle et profondément humain. “Calle Malaga” apparaît ainsi comme une ode à la liberté de vieillir selon ses propres termes.

     

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    1 December 2025, 9:28 pm
  • 7 minutes 36 seconds
    “Chien 51”, entretien avec les acteurs Adèle Exarchopoulos et Gilles Lellouche

    Le réalisateur Cédric Jimenez propose avec “Chien 51” une œuvre à la croisée des genres, mêlant thriller, action et réflexion éthique sur la place de l’humain face à l’intelligence artificielle et aux systèmes technologiques. Lors du Festival international du film de Venise, ont a rencontré les interprètes principaux Adèle Exarchopoulos et Gilles Lellouche  qui on partagé leurs impressions sur cette production qui soulève des questions cruciales pour notre société moderne.

    Une exploration des enjeux éthiques liés à l’intelligence artificielle

    Le film “Chien 51” se positionne volontairement comme un questionnement sur notre rapport à la technologie, bien que le sujet principal ne soit pas explicitement l’intelligence artificielle. Selon Adele Exarchopoulos, il s’agit surtout d’une réflexion sur la manipulation, la domination par la peur et la résistance de l’humain face à un système étouffant. La dimension éthique et émotionnelle est essentielle, avec un regard sur la compatibilité de l’IA avec la justice et la société: si l’IA possède de nombreuses facettes positives, notamment en médecine ou en sciences, elle pose aussi des questions inquiétantes sur ce qui nous dépasse, notamment la perte d’empathie. “Ce qui nous reste lorsque le chaos s’installe, c’est cette capacité à ressentir et à faire preuve d’empathie, des qualités que l’on voit comme essentielles face à l’effondrement potentiel d’un système basé uniquement sur la technologie“.

    Un film qui met en lumière la résilience humaine

    Le cœur du film, selon une analyse partagée, est centré sur la capacité de l’humain à se battre contre un système dominant. Le film illustre deux personnages aux antipodes, réunis par le désir d’utopie dans un contexte dystopique. Il ne s’agit pas uniquement de s’interroger sur l’intelligence artificielle, mais plutôt sur la force du cœur et de l’intelligence humaine face aux systèmes verrouillés par la technologie et la société de consommation. “Le vrai sujet, c’est comment l’humain, avec ses fragilités et ses forces, peut encore faire preuve de fraternité et d’idéal face à la déshumanisation“, résume un des acteurs. Ce message résonne comme une dénonciation de notre époque où l’on construit tout autour de la vie quotidienne avec des outils qui, paradoxalement, la déstructurent.

    Une dimension artistique intense et immersive

    Sur le plan technique, “Chien 51” est un film à la fois d’action et d’émotions. La réalisation de Cédric Jimenez se distingue par sa capacité à rendre chaque scène intense, souvent en utilisant des cascades, des effets spéciaux et des séquences physiques éprouvantes pour les acteurs. La méthode de tournage volontiers immersive, avec des nuits dans des voitures ou des cascades improvisées, confère au film une authenticité et une puissance émotionnelle remarquables. Le partenariat avec le réalisateur est également salué pour sa liberté laissée aux acteurs afin de créer et d’improviser, rendant chaque scène plus vivante et sincère. La complicité entre l’équipe et Jiménez contribue à attraper l’énergie du film, qui vise à immerger le spectateur dans un univers à la fois chaotique et profondément humain.

    Une réflexion sur la relance du cinéma face à la baisse de fréquentation

    Gilles Lellouche convient que les salles de cinéma ont toujours plus de difficulté à attirer le public. En France,  la surabondance de productions chaque année est considérée comme un problème, limitant la qualité et la créativité dans l’industrie. Selon lui, il faut repenser la manière de faire du cinéma, en privilégiant des idées originales et radicales, capables de bousculer le spectateur dès les premières minutes. “Le cinéma doit désormais offrir des propositions puissantes, qui sortent de la narration classique, pour donner envie aux gens de venir en salle“.

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    7 September 2025, 9:28 pm
  • 9 minutes 21 seconds
    Lina Soualem, réalisatrice, membre du jury pour Giornate degli Autori

    Lina Soualem, réalisatrice, est une des membres du jury des Giornate degli Autori. Elle est à sa troisième présence au festival de Venise, mais dans ce cas l’experience est différente. On en a parlé dans cet entretien, entre les projections des films de son prix.

    Un’autre perception du festival

    Lina Soualem nous dit que quand on présente un film on est dans un tourbillon organisée par autres gens et on doit suivre. Plus, on reste que peu de jours et on arrive pas à vivre l’événement. Dans ce cas là l’expérience est totalement différente: on peut profiter des films, et pas seulement de ceux de sa section, et on rencontre des autres professionnels qu’on n’aurait pas peut-être eu l’occasion à rencontrer autrepart.

    Pas des critères spécifiques, on regarde et on discute

    Lina Soualem nous expliques que les films de la section en compétition des Giornate degli Autori sont très différents de genre, de provenance, il ya des premiers films et aussi des troisièmes, des docu-fictions aussi . “Pour ça on s’est pas donné des critères à l’avance. On regarde et on ressent , on attend le coup-de-coeur. Si on n’aura pas le même, on en parlera. Et on s’amusera bien.”

    Forme et contenu

    Lina Soualem cherche ces deux choses dans un film. La forme la fascine et les emotions quel le contenu du film amène sont très importante aussi . “je cherche pas le message, le films sont pas faits pour prouver quelque chose , ils sont faits pour nous faire ressentir des expériences et provoquer des émotions et arriver à entrer dans l’univers du réalisateur ou réalisatrice sans devoir se poser des questions est dejà une chose énorme et un résultat dont être contents”.

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    7 September 2025, 7:43 pm
  • 7 minutes 1 second
    “Un prophète”, entretien avec le réalisateur Enrico Maria Artale et les acteurs Sami Bouajila et Mamadou Sidibe

    “Un prophète” est une des series présentées à la 82ème édition du Festival de Venise. Dirigée par Enrico Maria Artale, la série se base sur le film du même titre dirigé par Jacques Audiard en 2009. On a rencontré le réalisateur, et le deux acteur principaux, Sami Bouajila e Mamadou Sidibe, pour parler de développement en série d’un tel succès et des differences entre un film et une série autant que espace narratif et choix artistiques.

    La même équipe créative du film derrière la série

    Enrico Maria Artale explique qu’il ya eu une volonté du groupe créatif derrière le film original à le transformer en série télé, mais il avaient du mal à trouver un réalisateur en France qui voulait se mettre en comparaison avec Audiard. Enrico avait si aimé le film qu’il a fait une proposition: on ne fait pas une série crime, mais on fonce sur les aspects plus personnels et mystiques qui étaient déjà dans le film, pour chercher un conte moral qui donne de l’universalité à la narration.

    La préparation des acteur à travers l’observation

    Mamadou Sidibe nous dit qu’il n’ya pas eu un rencontre des acteurs avant le tournage, parce que on voulait pas mélanger la vie réelle avec celle des personnages. Ce choix a fait si que sur le plateau les deux acteurs on connu l’autre personnage à travers l’observation, come vraiment il arrive dans une prison quand il ya un nouveau prisonnier, dans un onde qu’il ne connaît dont i doit s’adapter

    La séduction de l’autre  personnage comme moyen pour construire le propre

    Sami Bouajila nos dévoile qu’il a été séduit par la force interpretative de Mamadou, par sa présence physique puissante et sa sérénité, qu’il a utilisé pour devenir le personnage antagoniste. le respect que le personnage joué par Mamadou portait avec lui a aidé Sami à trouver une direction plus efficace pour devenir diabolique comme le scénario lui demandé.

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    7 September 2025, 10:23 am
  • 7 minutes 9 seconds
    Pascal Diot, Directeur Venice Production Bridge – Conclusions

    Lors du Festival international du film de Venise de cette année, le Venice Production Bridge a démontré son influence croissante dans le soutien aux cinéastes et aux professionnels de l’industrie. Avec une participation en hausse et un programme dynamique, l’événement a consolidé sa réputation de plaque tournante essentielle pour les coproductions, le financement et le réseautage dans l’industrie. Nous discutons de ces résultats avec le directeur du VPB, Pascal Diot.

    Le succès croissant du Venice Production Bridge

    Le Venice Production Bridge connaît une expansion rapide, comme le souligne Pascal Diot, le directeur responsable de son organisation. « Nous avons augmenté la participation à tous nos événements, y compris le Venice Financing Market et le Venice Market », a-t-il déclaré avec enthousiasme. Bien que les chiffres exacts ne soient pas encore disponibles, il a indiqué que le nombre de professionnels présents avait augmenté, reflétant l’importance croissante de l’événement dans le calendrier mondial de l’industrie cinématographique. Les professionnels du secteur présents à l’événement ont fait écho à ce sentiment, décrivant l’atmosphère comme productive et intense. Un jeune producteur a souligné que l’événement permettait aux cinéastes de se concentrer sur la production et le réseautage plutôt que sur le simple visionnage de films, une distinction essentielle pour la croissance du secteur. La structure de l’événement, qui comprend des rencontres individuelles, des tables rondes et des projections commerciales, favorise un environnement créatif qui va au-delà des marchés cinématographiques traditionnels.

    Accent mis sur l’engagement international

    Cette édition a mis à l’honneur trois pays clés : le Royaume-Uni, le Chili et le Maroc. Chaque pays a fait état de résultats positifs suite à sa participation. La représentation du Royaume-Uni a été particulièrement fructueuse, avec de nombreux projets immersifs qui ont suscité un vif intérêt. « Ils ont coché toutes les cases, en présentant un portefeuille large et innovant », a souligné M. Diot. Les cinéastes chiliens ont élargi leur réseau de financiers et de coproducteurs, bénéficiant d’une forte participation aux projets et de relations fructueuses. La participation du Maroc a été remarquable non seulement pour sa qualité, mais aussi pour la présence du ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication. La délégation marocaine a été visiblement impressionnée par le format unique de l’événement. La visite du ministre a souligné l’importance du pont en tant que lien entre les projets en cours, le distinguant des marchés traditionnels qui se concentrent uniquement sur les films achevés.

    Un marché et une plateforme de réseautage uniques

    Contrairement aux marchés cinématographiques conventionnels, Venice Production Bridge fonctionne comme une plateforme hybride, à la fois marché de coproduction et centre de négociation. Il offre aux bailleurs de fonds, aux diffuseurs, aux agents commerciaux et aux distributeurs la possibilité de rencontrer des cinéastes à différentes étapes de la production. « Nous ne vendons pas seulement des films achevés, nous travaillons avec des projets en cours de développement ou de préproduction, en fournissant des services qui soutiennent l’ensemble du processus de réalisation cinématographique. » Cette approche attire un public diversifié qui cherche non seulement à acheter ou à vendre des films, mais aussi à forger des partenariats stratégiques.

    Élargir l’écosystème : initiatives futures

    Pour l’avenir, Pascal Diot a révélé son intention d’améliorer encore l’événement. L’une des initiatives futures consiste à créer un espace dédié aux commissions cinématographiques et aux studios, en particulier ceux impliqués dans la production virtuelle. L’objectif est de faciliter les contacts directs avec plus de 1 500 producteurs lors d’un seul événement, afin d’assurer leur visibilité et de favoriser les collaborations internationales. Il a souligné l’intérêt de tirer parti de la plateforme de Venise pour bénéficier à la fois aux régions locales et aux marchés internationaux. « Ce scénario gagnant-gagnant aide les professionnels à présenter leurs installations tout en gagnant en visibilité à l’échelle mondiale », a-t-il déclaré.

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    7 September 2025, 5:19 am
  • 8 minutes 28 seconds
    Pascal Diot, directeur du Venice Production Bridge

    Dans notre rencontre classique avant l’ouverture du Venice Production Bridge avec le directeur Pascal Diot, on a parlé du fai que, depuis sa création il y a 14 ans, le VPB a su s’adapter aux transformations du marché cinématographique mondial. Avec une croissance remarquable, passant de 500 professionnels lors de la première édition à plus de 3 300 cette année, cet espace de rencontres et de coproduction confirme son rôle clé dans l’écosystème du film international. La capacité du VPB à innover et à élargir ses activités en témoigne de son importance stratégique pour l’industrie.

    Une évolution constante pour répondre aux besoins du marché

    Pascal Diot note que les nouveaux formats et enjeux du secteur ont poussé le VPB à intégrer plusieurs initiatives innovantes au fil des années. Parmi celles-ci, « Meet the streamers » a été lancé pour faciliter les rencontres entre producteurs et plateformes de streaming comme Amazon ou HBO. Ce dispositif vise à encourager la coproduction tout en offrant aux professionnels une plateforme d’échange privilégiée. La diversification des échanges s’est également traduite par l’ajout de nouveaux marchés, notamment le Venice immersive market, qui met en avant la réalité virtuelle et les contenus immersifs. Plus récemment, l’organisation s’est adaptée aux demandes croissantes, en ajoutant une journée supplémentaire au calendrier pour mieux répartir les événements et donner plus d’opportunités aux professionnels de participer.

    Une sélection géographique stratégique

    Le choix des pays présentés lors du marché ne se fait pas au hasard. Le VPB privilégie des territoires qui investissent dans le développement de leur industrie cinématographique et immersive. L’édition présente cette année le Royaume-Uni, le Maroc et le Chili, tous trois engagés dans la création de contenus innovants et soutenus par des initiatives publiques ou privées. Le Maroc et le Chili, en particulier, ont lancé des mesures pour soutenir la production immersive, malgré un secteur encore en développement.

    Une plateforme de coproduction, pas de vente finale

    Contrairement à d’autres marchés, le Venice Production Bridge se concentre principalement sur la coproduction plutôt que la vente de films finis. Son objectif est d’accompagner la création de produits cinématographiques atteignant leur maturité dans plusieurs années. Grâce à un accompagnement complet, il offre aux producteurs un continuum, depuis l’écriture et la mise en chantier jusqu’à la distribution future. Parmi les outils phares, le Market Rights pour l’adaptation de livres, le financement participatif, ou encore le montage final en partenariat avec Final Cut in Venice jouent un rôle clé dans l’écosystème.

    Une fenêtre stratégique pour l’industrie du cinéma

    Le Venice Production Bridge s’affirme ainsi comme un levier essentiel pour l’industrie cinématographique, visant à soutenir la création de contenus innovants et à favoriser la coopération internationale. La croissance constante du marché, la diversité de ses participants et la pertinence de ses initiatives en font un rendez-vous incontournable pour les professionnels du secteur. Alors que l’édition 2024 approche, tous espèrent que ces rencontres continueront à stimuler la production de projets audacieux, à l’aube d’une nouvelle ère audiovisuelle.

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    6 September 2025, 9:06 pm
  • 7 minutes 59 seconds
    “À pied d’œuvre”, entretien avec la réalisatrice Valérie Donzelli et l’acteur Bastien Bouillon

    Valérie Donzelli porte à Venise son nouveau film “À pied d’œuvre”. On a rencontré la réalisatrice et le protagoniste Bastien bouillon lors de la première du film, en compétition, au Festival International du Film de Venise.

    Une immersion dans la vie d’un artiste en difficulté

    Le film met en scène un protagoniste incarné par un acteur talentueux tel que Bastien Bouillon, représentant un artiste en lutte pour sa survie professionnelle et personnelle. Il est question ici d’une figure qui, malgré ses efforts et sa créativité, se retrouve piégée dans une précarité qui alourdit sa quête d’expression. À travers des images fortes, “À pied d’œuvre” insiste sur la vulnérabilité de ces personnages, souvent invisibles dans la société contemporaine.

    Une œuvre d’une intensité rare

    Selon les propos recueillis lors de la présentation,  Valérie Donzelli a voulu dépeindre cette réalité de manière brute et sans fard. «Le film est un regard sans compromis sur le monde artistique, une sorte de fresque  qui montre la face cachée de la création», explique-t-il. La caméra capte avec authenticité les moments de doute, mais aussi d’espoir, illustrant la complexité de l’être artistique dans un monde qui ne facilite pas toujours la passion.

    L’approche artistique du film

    Le style visuel et la réalisation jouent un rôle essentiel dans la puissance du film. La narration s’appuie sur une esthétique forte, maritime, presque brutale, qui renforce le message sur la difficulté de vivre de son art. La performance des acteurs, notamment celle du personnage principal, contribue à créer une immersion totale dans cette réalité difficile mais sincère. Le film ose révéler la dure réalité des artistes, tout en proposant une réflexion profonde sur la société et ses mécaniques. Une œuvre à voir absolument pour comprendre la fragilité de l’artiste dans un monde moderne souvent déshumanisé.

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    6 September 2025, 7:05 pm
  • 7 minutes 46 seconds
    “Ecrire la vie: Annie Ernaux Racontée par del Lycéennes et des lycéens”, interview avec la réalisatrice Claire Simon

    Le film  de Claire Simon “Écrire la vie: Annie Ernaux racontée par des lycéennes et des Lycéens” offre une perspective inédite sur l’œuvre d’Annie Ernaux en s’appuyant sur la parole de jeunes étudiants, incarnant la façon dont la littérature influence leur rapport au vécu et à l’écriture.  Dans notre rencontre avec la réalisatrice on découvre mieux la force et le sens du film.

    Une méthode originale pour explorer l’œuvre d’Annie Ernaux

    Plutôt que de réaliser un portrait traditionnel de l’écrivain, Claire Simon a choisi d’interviewer des jeunes issus de différents lycées, une démarche centrée sur leur perception et leur expérience. Ce choix s’est imposé naturellement pour souligner l’impact de la littérature d’Ernaux sur la génération actuelle, notamment sur leur capacité à transcrire leurs expériences personnelles. La réalisatrice explique : “Il était évident pour moi que ce film devait passer par la parole des jeunes, qui se voient eux-mêmes dans cette démarche d’écrire pour donner du sens à leur vie.

    L’impact de la littérature sur la jeunesse

    Les témoignages recueillis dans le film montrent que la littérature d’Ernaux agit comme un miroir et un guide pour les jeunes, leur permettant d’appréhender leur vécu et de voir le monde différemment. Une autre lycéenne confie : “Les livres d’Ernaux m’aident à comprendre ma vie, à me voir sous un autre angle.” Ce regard bienveillant et introspectif met en évidence la force de la littérature comme outil de croissance et de compréhension de soi.

    Un message d’espoir pour la jeunesse et la littérature

    Écrire la vie” ne se limite pas à la représentation d’un rapport entre jeunes et livres, mais devient un message d’espoir. La réalisation montre que, dans un monde où tout va très vite, la littérature demeure un espace de dialogue et de reconstruction. Elle invite chaque spectateur, jeune ou adulte, à réfléchir à l’importance de l’écriture et au rôle qu’elle peut jouer dans le façonnement de la personne.

     

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    5 September 2025, 5:07 pm
  • 13 minutes 5 seconds
    “Il Quieto Vivere”, interview avec le réalisateur Gianluca Matarrese

    Gianluca Matarrese revient au Festival de Venise avec “Il Quieto Vivere“, son nouveau film, une plongée intime dans une saga familiale empreinte de violence, de théâtre et de dramatisation, tout en brouillant la frontière entre réalité et fiction. On en parlé aux micros de Fred radio de cet étrange mixture de genres cinématographique, sur une guerre familiale dont le titre anglais rend parfaitement le sens: “I Want Her Dead”.

    Un film qui défie les classifications traditionnelles

    Gianluca Matarrese explique que “Il Quieto Vivere” ne se laisse pas facilement enfermer dans une seule catégorie. Entre documentaire, narration théâtrale et cinéma de réalité, le film joue habilement avec ces frontières. Matarrese dit: « C’est plus simple de l’appeler un documentaire, mais la structure narrative et l’intensité dramatique laissent penser à une œuvre de fiction. » Il s’agit d’un projet où le réalisateur a voulu « jouer, faire un grand jeu avec sa famille », en utilisant des personnes réelles – ses cousines et leur entourage – pour créer une mise en scène à la fois authentique et théâtrale.

     Une histoire vraie, des performances authentiques

    Le film présente une querelle de famille dans un immeuble en Calabre: deux belles-sœurs, cousines de l’auteur, vivent une guerre quotidienne depuis plus de dix ans. Entre plaintes, vengeances et agressions, la tension est palpable. Matarrese confie que tout cela est basé sur une histoire vraie, ce qui donne au film une dimension particulière : « C’est ma famille. » La mise en scène s’inspire d’une dramaturgie grecque, où l’émotion prime sur le déroulement linéaire des événements, renforçant le pouvoir évocateur de chaque scène.

    La méthode de tournage : entre préparation et improvisation

    Le réalisateur a orchestré cette expérience en collaborant étroitement avec ses proches. Il a écrit un canevas léger, basé sur des témoignages enregistrés de ses cousines, et a organisé des scènes comme des performances théâtrales, notamment lors des repas de Noël. La mise en scène rigoureuse, avec lumières et cadres précis, a permis de filmer dans un style proche de la fiction, tout en capturant des moments de vraie spontanéité. Ce processus, selon Matarresse, a permis aux participants d’être à l’aise dans ce jeu d’impressions, tout en maintenant un regard d’observation distante.

     Une œuvre qui questionne l’éthique et la réalité

    Le processus de création soulève aussi des questions éthiques: comment convaincre des proches de jouer leur propre vie devant la caméra? Matarrese raconte avoir instauré une relation de confiance, en préparant ses proches et en leur expliquant qu’ils participaient à un « jeu » où la mise en scène pouvait accentuer la violence pour mieux la comprendre ou l’éloigner. Les scènes ont été filmées lors de réunions familiales, avec des alliés dans la famille ,avec un scénario pour certains moments pour capter au plus près la réalité.

     

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    5 September 2025, 5:24 am
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