- Gaël Sanquer : « Nous avons des projets avec McFly & Carlito dans les prochaines semaines »
Bonjour à tous et Aujourd’hui dans Tout pour Réussir je reçois Gaël Sanquer. Vous êtes le Directeur Délégué des médias musicaux du groupe NRJ. C’est-à-dire NRJ, Chérie FM, Nostalgie et Rires et chansons…nous allons revenir sur votre parcours, vos succès mais aussi vos projets…
crédit : François BERTHIER
Bonjour Gaël Sanquer…Le 21 Novembre prochain, vous fêterez vos 3 ans à la tête des radios musicales du groupe NRJ…Quel bilan faites-vous de ces 3 dernières années marquées aussi par la crise du covid ?
Ça été trois années assez intenses…J’ai pris ce nouveau poste en novembre 2018. C’était une étape importante pour moi à titre personnel car je suis un enfant de la radio, je suis passionné depuis toujours…J’ai commencé la radio à 13 ans et me retrouver à la tête de ce bateau, c’est assez incroyable pour moi…Les résultats de la radio ont continué à être hyper intéressants et puis la crise du covid est arrivée…C’était inédit !
Comment les radios du groupe NRJ ont elles traversé la crise ?
Nous avons adapté nos programmes. J’avais eu la chance de pouvoir discuter avec un confrère qui pilote un groupe de radios en Italie. Les italiens avaient subi un confinement inédit quelques semaines avant nous. Je lui ai donc demandé par whatsapp : « comment ça se passe là-bas ? Est-ce que vous avez le droit de bouger ? Comment tu as pu adapter ton infrastructure… » Du coup, j’ai ensuite pu équiper nos animateurs avec des systèmes leur permettant de pouvoir prendre la main à distance afin de pouvoir assurer la continuité des programmes. On pilote aussi nos contenus avec un tas de données, de chiffres et notamment les streams…On s’est rapidement aperçu qu’avec le télétravail les gens commençaient la journée un peu plus tard…On a donc décalé nos mornings plus tard dans la matinée…On a aussi lancé pas mal d’opérations spéciales comme « NRJ Big Action »où on a mobilisé les artistes avec lesquels on est assez proches qui donnaient un objet, qui ensuite était vendu aux enchères…Les sommes étaient reversées à une association d’aide au personnel soignant.
Cauet, Manu Lévy ou encore Mikl sont les animateurs vedettes de NRJ…depuis un long moment…Pensez-vous à renouveler vos visages ?
Mikl n’est plus chez nous…Bien-sûr que l’on pense à renouveler nos visages ! C’est un travail permanent d’aller chercher les nouveaux talents qui incarneront les programmes de NRJ dans quelques années…C’est moins simple de nos jours…Il y’a encore 10 ou 15 ans, un môme qui avait un peu de talent, de bagout ou de tchatche pouvait aller toquer à la porte de la radio locale de sa ville puis il faisait ses armes. Aujourd’hui le même gamin, il se met devant Youtube, Tik Tok ou Instagram etc…S’il est malin, il a des chances de venir millionnaire.
Y-il a un animateur, un youtubeur ou même une personnalité que vous aimeriez voir dans votre groupe prochainement ?
On discute assez régulièrement avec Squeezie…Il est déjà venu faire deux semaines d’émission la saison dernière…Je crois qu’il a adoré l’exercice. On discute assez régulièrement avec McFly & Carlito. On aussi des projets avec eux. C’est l’exemple type des mecs qui ont explosé dans le digital alors qu’à la base ils viennent de la radio. Nous avons des projets avec McFly & Carlito dans les prochaines semaines.
A quoi vont ressembler les NRJ Music Awards le 20 Novembre prochain ?
Nous avons tous les artistes français qui sont joués sur NRJ. Nous aurons la première prestation Télé d’Angèle qui revient avec un nouveau titre que l’on joue. Parmi les internationaux, Imagine Dragons sera là. Ça sera aussi leur première prestation TV en France. Ed Sheeran sera également là. D’autres artistes internationaux seront annoncés dans les jours qui viennent…
Nrj est aussi partenaire de nombreux concerts d’artistes internationaux comme Shawn Mendes, Coldplay, Ed Sheeran…Comment sont créés ces partenariats ? C’est vous qui vous positionnez ou c’est les artistes eux même qui viennent vers vous?
Je dirais que c’est les deux ! C’est une envie mutuelle. C’est du partenariat, de l’échange d’image…Nous avons un interet à s’associer avec le groupe Coldplay qui est à ce jour le seul groupe international à avoir rempli 4 fois d’affilée le Stade de France. C’est un groupe hyper populaire, puissant et c’est donc normal qui s’associe avec la première radio musicale de France.
Vous connaissez la date du prochain NRJ Music Tour? la ville?
Je n’ai pas la date exacte…Je sais juste qu’il y’a 6 NRJ Music Tour de programmés prochainement. On retourne à Lyon au mois d’avril, une date à Monaco fin juin début juillet. Un retour à Toulouse le 14 Juillet…Il y’a à peu près 10 à 12 dates par an ! On espère aussi retourner à La Défense Arena à la rentrée prochaine.
Depuis que vous évoluez dans l’univers de la musique et des médias…Quelles sont vos 3 meilleures rencontres ?
Professionnellement, je dirais en premier : Jean-Paul Beaudecroux (Président du Groupe NRJ). C’est une légende dans le milieu de la radio. Travailler avec lui est incroyable, hyper enrichissant…Il n’y a pas plus passionné que lui. Il a un instinct incroyable. En numéro deux, je dirais Morgane Serrano. On s’est rencontrés lorsqu’on était tous les deux animateurs radio. Ça fait 25 ans qu’on a un peu un parcours similaire. Je dirais que c’est mon frère d’arme. On partage les succès ensemble, les échecs… La troisième meilleure rencontre était avec le groupe U2! Un jour au bureau, on a vu débarquer Bono et The Edge à NRJ avec des pizzas. On a mangé des pizzas ensemble pendant une heure en discutant de tout et de rien…C’était assez irréel et incroyable ! Bono est très au fait de ce qui se passe en radio, il connaît parfaitement le marché français, le fonctionnement des médias, de la radio…D’ailleurs il habite en France, il a une maison dans le sud de la France…D’ailleurs il nous a dédicacé le carton des pizzas et c’est Morgan Serrano qui l’a ramené chez lui ! Sinon Ed Sheeran est assez impressionnant ! Gros Geek, il est au courant de tout l’airplay, de tous ses titres, sur toutes les radios en Europe…Il a accès au service qui référence l’airplay de chacune des radios dans chacun des pays. Ed Sheeran est hyper simple et abordable !
Vous êtes un homme de radio…je dirais même de radios musicales…La télévision, où les plateformes comme Spotify, deezer ou applemusic, cela ne vous a jamais intéressé ?
Je suis vraiment un mec de radio ! J’ai déjà eu des discussions avec certains acteurs pure-players digitaux. Mon champ d’intervention en radio est tellement large et vaste. J’aurais peur de m’ennuyer si je me retrouvais juste à faire des playlists…Chez Nrj, je touche à tellement de choses…Il y’a de l’évènementiel, du terrain, du local, de l’info et il y’a aussi de l‘humain. On parle avec des animateurs, on coach des équipes, on monte des concepts et cela n’a pas de valeur!
Interview réalisée par Saad Merzak
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16 November 2021, 10:03 am - Emmanuel Perrot : « L’année 2020 a été très compliquée pour la culture »
Bonjour à tous et bienvenue dans Tout pour réussir. Et aujourd’hui mon invité est Emmanuel Perrot le directeur général de Sonymusic RCA Labels Group… Ce qui réunit entre autres les labels RCA, Epic Records, Smart ou encore Load…Il va tout nous raconter sur sa carrière, sa stratégie, ses prochaines signatures, ses projets…
Bonjour Emmanuel Perrot, merci beaucoup d’être avec nous… ça va faire un an que tu as pris les fonctions de Directeur général RCA Labels Groupe…Quel bilan peut tu-faire de cette année 2020 qui a notamment été secouée par la crise du covid ?
Bonjour ! En fait, ça va faire deux ans en Janvier que j’ai pris les rênes de RCA Labels group ! L’année 2020 a été une année très compliquée pour la culture. Très compliquée pour la musique ! Malgré le covid, les confinements, le couvre-feu, on n’est pas les plus impactés car nous avons la chance d’avoir un marché de plus en plus digital. Nous avons réussi à maintenir une activité forte dans le digital via le streaming et lorsque les magasins ont rouvert à la fin d’année 2020, on a pu sauver un peu le marché des ventes d’album physique. Le mois de décembre a bien marché grâce à des sorties majeures chez Sony et RCA notamment avec notre grosse sortie de fin d’année « Indochine » et les deux Best-Ofs que nous avons sorti fin août et début décembre sur lesquels nous avons fait plus de 260 000 ventes (300 000 ventes aujourd’hui)
Pour ceux qui ne connaissant pas trop…Aujourd’hui Sonymusic c’est quoi en terme d’artistes, de nouvelles signatures et peut être quelques chiffres clés à nous donner ?
RCA Label’s groupe c’est les 4 labels que tu as mentionnés en début d’interview. Le premier est RCA qui a été lancé il y a deux ans avec des résultats plutôt positifs. Il y a eu une refonte totale du catalogue d’artistes. Nous avons eu quelques succès comme Soso Maness qui est un rappeur de Marseille, il vient de sortir un album qui va bientôt être certifié disque d’or avec un single certifié platine. On a aussi un artiste qui est Lefa, il est disque d’Or et nous pensons qu’il va être disque platine. Il y’a de beaux succès aussi dans le label « WatiB » dont Sonymusic est actionnaire avec par exemple le groupe 4keus. Chez RCA, nous avons une équipe qui travaille les musiques urbaines, une autre les musiques plutôt Pop. Parmi les artistes internationaux, on a eu récemment Kygo, une jeune artiste Foushée etc…Chez Epic, nous avons Madison Beer, Travis Scott, Future etc…Du coté des anglais, on a Riton, un DJ anglais signé chez Ministry of Sound qui a cartonné ! Nous travaillons aussi beaucoup d’artistes latino car sonymusic est leader dans la musique latino en Amérique latine avec de beaux succès comme Ozuna, Pedro Capo etc…
3)Aujourd’hui, comment choisissez vous les artistes avec lesquels vous souhaitez collaborer chez Sonymusic ?
La première qualité est subjective car nous regardons la musique de l’artiste, sa qualité musicale, sa création…On regarde d’autres indicateurs comme ses réseaux, son audience sur instagram par exemple…On s’intéresse aussi à Tik Tok puisque beaucoup d’artistes ont été révélés sur cette plateforme… Il ne faut pas oublier le charisme et le storytelling de l’artiste ! Signer un artiste c’est toujours un pari !
Cela t’est-il déjà arrivé de ne pas signer un artiste chez toi et qui finalement a rencontré du succès ailleurs ?
Au tout début de ma carrière lorsque j’étais à Londres, j’étais stagiaire dans un petit label qui s’appelait Distance Records qui faisait beaucoup de musique électronique et de musique du monde. Le patron de l’époque voulait les conseils d’un jeune homme connecté aux tendances du moment…Du coup il m’a demandé ce que je pensais de Robert Miles…Je lui avais dit que c’était pourri…Ce DJ a par la suite vendu 40 millions de singles dans le monde !
Chez Sony il y’a aussi le label Epic Records dirigé par Pauline Duarte C’est un peu la branche urbaine de Sonymusic…Quelles sont vos signatures ? et peut être nous dire comment elles ont été repérées ?
Ça n’est pas la branche urbaine de Sonymusic mais c’est une des branches urbaines de sonymusic ! Nous avons aussi RCA, Hall Access chez Columbia, Epic etc…Pauline Duarte a commencé en juillet dernier chez Epic Records avec une équipe de 5-6 personnes…Elle a signé très vite certains artistes ! Parmi eux, il y’en a qui montrent déjà des indicateurs de performance très importants ! Il y’a un rappeur qui s’appelle Gazo qui vient de sortir un nouveau titre…nous allons voir ce que cela donne ! C’est un rappeur très identifié qui a déjà des réseaux très forts et une proposition artistique intéressante. Il y’a aussi une artiste qui s’appelle Ronisia et qui a sorti un titre cet été « Atterrissage » qui va être certifié single d’or très rapidement…Après y’a d’autres signatures : un rappeur belge qui s’appelle Frenetik et Pauline Duarte a également récupéré certains artistes du label RCA comme Prototype, Dinero etc…Il faut un peu de temps pour développer un label et un catalogue mais je pense que cela va aller plus vite que prévu !
Avec la multiplication de plateformes numériques, de labels indépendants etc…ça va ressembler à quoi les maisons de disques comme Sonymusic, Universal ou Warner dans 10 ans selon toi ?
Le terme maison de disque n’est plus trop approprié…Je dirais plutôt « maison d’artistes »… Dans le futur une maison de disque sera un endroit où on va développer tous les services qu’il faudra aux artistes pour diffuser au mieux leurs musiques, leurs talents, leurs lives…On a un tourneur chez sony qui s’appelle Arachnée…Nous sommes dans la diversification…Aujourd’hui les Majors achètent des entreprises de podcast, de merchandising etc…
Justement, Pascal Obispo a quitté sa maison de disques pour lancer son application…Il explique vouloir retrouver sa liberté qu’il n’a pas en maison de disque…Tu en penses quoi?
Pascal Obispo est libre de faire ce qu’il veut. Je n’ai pas travaillé avec lui donc je ne connais pas son expérience même s’il a fait une grande partie de sa carrière au sein de chez Sonymusic…Les artistes avec qui l’on travaille chez Sony ont une liberté totale…Nous travaillons main dans la main avec eux…Nous les accompagnons dans leur création…Je n’ai jamais forcé une artiste à chanter des chansons qu’il n’avait pas envie de chanter ou de faire telle promotion qu’il n’avait pas envie de faire. Les maisons de disque sont plutôt des partenaires d’artistes.
Comment se passent les relations entre majors et plateformes digitales ? (spotify, deezer, tik tok etc…)
Ce sont des relations commerciales que les majors ont avec les plateformes. Elles se passent bien et notre travail est de garantir la meilleure exposition à nos artistes sur toutes ces plateformes et de développer le plus de revenus possible pour nous ainsi qu’à nos artistes.
Aux états unis, Le label Sony a lancé : Sony Immersive Music Studios, une nouvelle filiale axée sur le développement d’expériences musicales immersives…Tu peux nous en dire un peu plus ? LA première artiste à faire l’expérience est Madison Beer de chez Epic Records…Verra-ton cela en France ?
L’initiative a été prise récemment aux états unis et beaucoup d’initiatives de ce types se font en ce moment…Il y’a eu le concert de Travis Scott qui a été mis en place…Il faut trouver des artistes intéressants en France pour ce genre de projets et chez Sony, nous avons la volonté de développer ces opérations…Avec le covid, il y’a beaucoup d’expériences intéressantes notamment avec les concerts en livestream…Nous avons vu cela avec M.Pokora et Jennifer qui sont des artistes que l’on distribue. Notre tourneur Arachnée organise un concert en stream avec JB Guégan…Pas mal d’initiatives pour que les artistes puissent continuer à s’exprimer en live…
Avec toutes ces années de carrières, quelles ont été tes trois rencontres les plus marquantes ?
C’est la question piège car ma carrière n’a été faite que de rencontres ! il y a eu les Daft Punk, ma rencontre récente et passionnante avec Nicola Sirkis du groupe Indochine et toute son équipe avec qui je travaille…Il il y a ceux grâce à qui j’en suis là aujourd’hui comme Stéphan Bourdoiseau, le patron de Wagram Music ! Il m’avait donné la chance de démarrer et de créer le label Cinq7 qui existe toujours avec Alain Gac ! Il il y a aussi Laurent Chapeau qui était mon patron chez Virgin et qui m’a fait venir de Wagram à Columbia où j’étais directeur marketing et promo…
Pour finir cette interview, à quoi ressemble ta journée type ?
Mon planning de directeur ressemble à celui d’un médecin généraliste… (rires)
Ma journée type c’est réveil très tôt… petit déjeuner et ensuite je commence déjà à travailler car je reçois chaque matin les chiffres…C’est-à-dire nos résultats quotidiens, hebdomadaires, mensuels que ça soit en ventes physique ou digitales. Ensuite, c’est beaucoup de réunions… !
Réunions d’équipes, réunions artistiques, réunions marketing et promo… Beaucoup de rendez-vous avec les artistes… Il il y a aussi les sessions d’écoute ce qui est un peu le nerf de la guerre pour nous ! Ce sont des longues journées qui se finissent très tard. En ce moment, ça se finit un peu moins tard car il n’y a plus de concerts ! Du coup, je me rends à des sessions d’enregistrement studio où je vais écouter ce qui a été fait durant les dernières périodes d’enregistrement…
Interview réalisée par Saad Merzak
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4 February 2021, 3:14 pm - 14 minutes 28 secondsDavid Hallyday : «Le live représente 50% des revenus d’un artiste »
Bonjour à tous, et aujourd’hui dans Tout pour réussir, nous recevons David Hallyday. Tu es chanteur et compositeur et aujourd’hui tu nous présentes ton nouvel album, le 14èmede ta carrière « Imagine un monde ».
Bonjour David…Merci beaucoup d’être avec nous…Ton nouvel album sort le 27 Novembre prochain…Il a été composé pendant le confinement…Qu’est ce qui t’a donné envie de faire cet album ?
En fait, je compose à peu près tous les jours. Le confinement n’a rien changé à cela. J’écris chaque semaine. J’ai eu envie de raconter des choses positives et pas négatives car il y’en a suffisamment de ce coté là. Je voulais faire un album sur un questionnement. Par exemple le single « ensemble et maintenant » est un titre très humaniste qui s’interroge sur « comment on peut mieux vivre ensemble ? » C’est un peu cela l’idée…Je me pose des questions comme tout le monde ! Pour résumer, je suis convaincu qu’on va pouvoir avec le temps comprendre le mécanisme de fonctionnement de comment ce monde devrait tourner…ça va prendre du temps…Il y’a une façon d’y arriver c’est d’avoir de l’empathie…de retrouver l’humain, de prendre soin de son environnement, son entourage…Cet album parle de tout cela ! Aller vers l’avant et faire les choses ensemble !
Imagine un monde sonne beaucoup avec l’actualité…à quoi ressemblerait ton monde idéal ?
Beaucoup moins de disparités…Un partage des richesses équitables pour tous ! Moins de gens malheureux…Il faudrait des gens plus heureux, qui ont la banane comme ce qu’il y’avait dans les années 80 ! En tout cas, c’est le sentiment que je ressens.
Initialement prévue en novembre ta tournée va être reportée…en 2021…Dans quel état d’esprit te sens-tu ?
Franchement c’est galère ! Je n’aime que faire du live. C’est catastrophique pour moi car on ne bosse pas…En musique, j’aime soit être en studio, soit être sur scène avec mon équipe. C’est catastrophique pour les gens de mon équipe ! Je travaille avec des gens passionnés qui sont malheureusement au chômage technique. On ne peut pas nous enlever la notion de plaisir dans la vie.
Beaucoup d’artistes vivent de ces tournées…C’est un manque à gagner important pour vous ?
C’est énorme ! On a déjà vu depuis la crise du disque que les artistes vivent moins de leur métier… Du coup, on se remettait tous sur le live…Il y’a une vingtaine d’années lorsque l’on sortait un album, on faisait une tournée pendant un an voir plus et ensuite on s’arrêtait pendant trois ans. Maintenant, on fait du live tout le temps…Tout ça pour dire qu’il y’avait déjà un manque à gagner important avec la crise du disque…Maintenant, on ne peut plus faire de livre… ! Après, ceux qui ont la chance d’avoir un gros catalogue à la sacem peuvent encore s’en sortir mais les autres c’est catastrophique ! Le live représente 50% des revenus d’un artiste ! Quant au streaming, on ne touche rien du tout…
As-tu pensé à faire des concerts virtuels ou est ce que tu aurais pu avancer l’horaire de tes concerts ?
On ne peut pas car économiquement, nous avons un gros show et les organisateurs de spectacle perdent trop d’argent…En tout cas, pour ma part, je sais que mes équipes et moi-même, nous pouvons pas le faire !
Tu es devenu très présent sur les réseaux sociaux…ça doit être la norme aujourd’hui pour un artiste selon toi?
Tu trouves ?(rires…) J’aime bien les réseaux sociaux ! Je ne regarde que le bon coté des réseaux…Je suis très actif dans tout ce qui est environnement, protection animale, y’a pleins de choses à voir…Parfois il m’arrive de poster choses qui sont privées sans être trop privé non plus… ça me permet de garder un contact avec les gens qui me suivent. Après, je poste beaucoup moins sur les réseaux sociaux que certains artistes que je suis…
Il y’a quelques années tu avais été jury dans Rising Star…être membre d’un télé-crochet c’est une expérience que tu pourrais réitérer ?The Voice par exemple ?
C’est une bonne question ! Je ne sais pas franchement…Rising Star a été une bonne expérience…Je pourrais le faire mais pour l’instant je ne sais pas trop…Quant à The Voice, je n’ai jamais eu de propositions.
Quelles ont été les 3 meilleurs rencontres de ta carrière ?
Tout d’abord il y’a mon beau père (Tony Scotti) que j’ai connu à l’âge de 15 ans donc le mari de ma mère qui a été le premier à croire en moi et voir le potentiel que j’avais lorsque j’étais petit. C’est quelqu’un de formidable dans la vie ! Il a beaucoup compté pour moi. Il y’a Neil Armstrong que j’ai eu la chance de rencontrer…L’exploration de l’espace a toujours été une passion pour moi. Enfin, je dirais Dave Grohl (chanteur des Foo Fighters et ancien batteur de Nirvana) que j’ai rencontré en studio.
On sait aussi que tu es un féru de courses automobiles…Tu arrives toujours à concilier cette passion avec la musique ?
Non, pas trop… ! (rires) Ce qui est intéressant dans la course automobile c’est de voir comment elle évolue. Nous sommes sur des projets de voitures de courses électriques qui pourraient voir le jour entre 2023 et 2025. J’adore la compétition aussi mais là j’avoue que je n’ai pas trop le temps…
Tu as récemment confié que ton fils Cameron est un passionné de musique…il chante même dans l’une de tes chansons… Quels conseils lui donnerais-tu pour réussir dans cette voie ?Il adore la musique ! Il aime bien chanter mais je ne pense pas que ça soit sa passion car à mon avis il va plutôt s’orienter vers le cinéma, la production, la réalisation etc…ça fait un moment que le cinéma le passionne… Je lui conseillerais de vivre de sa passion, de travailler à fond, et surtout de rêver…
Crédit : Nikos Aliagas
Interview réalisée par Saad MerzakL’article David Hallyday : «Le live représente 50% des revenus d’un artiste » est apparu en premier sur VL Média.
12 November 2020, 4:38 pm - Tom Payne : « Malcolm ne sera pas celui sur qui les gens devront s’inquiéter la prochaine saison » | Tout pour réussir
Pour cette nouvelle interview « Tout pour réussir », nous avons rencontré Tom Payne, la star de la série à succès de TF1, Prodigal Son. La première saison vient de se terminer et il revient avec nous sur cette aventure dans cette première interview post-confinement.
C’est quoi Prodigal Son ? Malcolm Bright (Tom Payne) est un criminologue reconnu, qui connaît la façon de penser des tueurs et comprend le fonctionnement de leur esprit. Pourquoi ? Parce que son père était l’un des pires tueurs en série : Le Chirurgien. Grâce à son génie tordu, le jeune homme aide la police de New York à résoudre des crimes.
Vous jouez dans la série « Prodigal Son » le rôle de Malcom Bright, un profiler, engagé en tant que consultant au New York City Police Department après qu’il ait été viré par le FBI. Racontez-moi, comment vous avez obtenu ce rôle.
Tom Payne : Je venais tout juste de terminer le tournage de The Walking Dead qui était à ce moment-là, le plus gros job que je n’avais jamais eu auparavant. Avec cette série, j’ai connu le succèes mais j’ai aussi eu beaucoup de téléspectateurs. Après cela, je me suis dit que j’allais me reposer un moment avant d’attaquer un autre projet puis un jour je reçois le script de « Prodigal son ». Le producteur de la série ainsi que le créateur m’ont invité à aller boire un verre pour pouvoir discuter de la série. J’ai ensuite fait une audition qui m’a mené au « screen test ». Le rôle a été donné à un autre acteur…Puis Enfin, il y’a eu la lecture du scénario avec l’équipe et il y’a eu un retournement de situation puisqu’ils se sont rendus compte que je matchais mieux avec le personnage. Ils m’ont donc donné le rôle…Comme on dit : « Rien n’est fini jusqu’à que tout soit fini »
C’est votre premier grand rôle dans une série, comment vous sentez-vous ?
Tom Payne : C’est génial ! J’aime bien l’idée d’être le premier rôle d’une série car du coup je contrôle chaque jour l’humeur, l’ambiance qu’il peut y’avoir sur un plateau de tournage. Tout le monde se réfère à moi pendant le tournage. Je ressens une certaine pression en faisant cette série mais au final c’est satisfaisant.. Je n’arrive pas à le croire qu’on ait déjà fait 20 épisodes… !
A quoi ressemble une journée type dans la vie de Tom Payne ?
Cela ressemble à beaucoup de travail ! Les gens me demandent souvent « C’est comment la vie à New york ? » La vérité c’est que je ne sais même pas… car je quitte tous les matins mon appartement à 5:30 et j’arrive chez moi vers 8:30. En même temps c’est normal car je suis dans toutes les scènes et je travaille tous les jours. Même les weekends je travaille pour préparer la semaine qui arrive. C’est une période très intense du début du début jusqu’à la fin de tournage. Jouer la comédie est la partie la plus cool du job !
Et sur le tournage de Prodigal Son, ça se passe comment?
Dès que j’arrive sur le plateau, je file vite au maquillage. Je prends mon petit déjeuner pendant que je me fais maquiller, j’enfile mon costume puis direction les répétions pour la première scène de la journée. Comme j’ai beaucoup de texte tout au long de la journée, je reste assis sur une chaise où j’observe chaque scène afin de pouvoir mémoriser tout ce qui se passe…Cela va m’aider à préparer aussi mes prochaines scènes.
Comment vous-êtes vous préparer pour incarner Malcolm Bright ?
J’ai regardé beaucoup de documentaires et films sur les serial killer. J’ai aussi écouté le podcast « Happy Face » qui suit les aventures de la fille de « Happy Face killer ». C’était assez intéressant et cela m’a vraiment aidé à ressentir les problèmes que l’on peut avoir lorsqu’on est lié à un sérial killer.
Malcolm ne sera probablement pas celui sur qui les gens devront s’inquiéter pour la prochaine saison !
Prodigal Son va être renouvelé pour une saison 2. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Malcolm ne sera probablement pas celui sur qui les gens devront s’inquiéter pour la prochaine saison ! Nous comptons débuter le tournage dès que la situation le permettra. Je suis déjà excité de continuer l’histoire et de prendre une direction à laquelle les téléspectateurs ne s’attendront pas.
Avez-vous déjà été intéressé par le métier de réalisateur ? Pourriez-vous réaliser un épisode de la série ?
Je suis très intéressé par l’idée…Si la série continue, il y’a un moment où j’aimerais bien réaliser un épisode de Prodigal Son. Le seul problème est d’évaluer la quantité de travail que j’aurais à ce moment là…(recherche de lieux de tournage, révision des scripts, réunion avec le département costume et maquillage etc…). Cela n’est pas possible pendant ma période de tournage…
Un secret sur la série que l’on ignore peut-être ?
Dermot Mulroney a joué du violon dans la bande originale de la série lors d’un moment clé de la fin de la saison.
Quelles ont été les meilleures rencontres de votre carrière ?
La première a été celle de mon agent Oriane Elia qui est chez l’agence Curtis Brown. J’étais vraiment chanceux d’avoir un agent qui croyait en moi voulait travailler avec moi pour construire une carrière ensemble. C’était déjà un très bon premier pas dans le métier. Mon premier rôle au théatre était dans une pièce qui s’appelle « Journey’s End’ à Londres. Un soir, Tom Hanks est venu voir la pièce et m’a écrit un mot plutôt flatteur et depuis j’ai encadré ce souvenir dans ma maison. Mon agent a aussi scanné ce petit mot et l’a envoyé aux directeurs de casting et producteur afin de pouvoir m’aider dans ma carrière. Ce sont ces petites attentions qui font qu’on a un bon agent aussi. Je suis très content de l’avoir avec moi. Il y’a aussi la directrice de casting Leo Davis qui m’a apprit comment jouer devant la caméra. Grâce à elle, j’ai obtenu un rôle dans une production hollywoodienne alors que j’étais encore à l’école « Miss Pettigrew Lives for a day ». ça été mon premier point d’entrée à Hollywood. Enfin, J’ai joué dans le film « The Physician » où j’ai eu la chance de rencontrer l’acteur Stellan Skarsgard avec qui je me suis bien entendu avec. Je suis même parti le voir en vacances avec ma fiancée à un moment où ma carrière ne décollait pas…Il m’a donné pleins de conseils et ensuite j’ai décroché un rôle dans la série « Walking Dead ».
Avec la crise du coronavirus, qu’avez-vous fait pendant le confinement ?
J’ai fait du jardinage et j’ai rénové ma maison. Avec ma fiancée, nous avons acheté des vélos au début du confinement…ça nous a permis de nous évader un peu ! Nous portions nos masques bien évidemment !
Que faites-vous quand vous ne travaillez pas ?
Je joue aux jeux videos et je fais de la gym à la maison. Je travaille tellement que ça fait du bien de se déconnecter lors que j’ai un peu de temps pour moi. Sinon je fais toujours un truc qui rapport avec le travail. Genre, je lis des livres pour voir si je ne peux pas les adapter en scénario etc…
Où vous voyez-vous dans les 5 prochaines années ?
Je me vois à la tête d’une société de production afin de produire des choses inspirantes et excitantes.
L’article Tom Payne : « Malcolm ne sera pas celui sur qui les gens devront s’inquiéter la prochaine saison » | Tout pour réussir est apparu en premier sur VL Média.
24 July 2020, 3:00 pm - Grégoire Potton : « Le foot et la politique sont de vraies addictions ! »
Bonjour à tous et aujourd’hui dans Tout pour réussir je reçois Grégoire Potton. Cadre du parti politique « En Marche ! », vous êtes aujourd’hui directeur général du club de foot professionnel du Red Star, club que vous allez bientôt quitter… Vous allez tout nous raconter !
Saad Merzak: Bonjour Grégoire, ça va faire 2 ans maintenant que vous êtes à la tête de ce club emblématique… Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce club ?
Grégoire Potton: J’ai été recruté dans ce club pour lancer la feuille de route 2024 qui est un projet d’infrastructures afin que le club puisse avoir des bases solides et saines pour se projeter vers la ligue 1 d’ici 2024. Pour le résumer en une phrase je dirais que l’objectif final est qu’en 2024, le Red Star joue dans son mythique Stade Bauer reconstruit, avec des joueurs issus de son centre de formation, en Ligue 1. C’est cette feuille de route ambitieuse qui m’a poussé à tenter l’aventure au Red Star.
On vous connaît peu, quel était votre parcours avant d’arriver au Red Star ?
Je suis né au Puy-en-Velay, en Haute-Loire, où j’ai vécu jusqu’au bac. J’étais déjà passionné de sport. J’en faisais énormément. J’ai un peu tout essayé, escalade, VTT, athlétisme, tir à l’arc… puis je me suis mis au foot de manière intensive, avec des horaires aménagés au collège et lycée, et donc du foot 6 jours sur 7 pendant près de 10 ans. Après mon baccalauréat, j’ai suivi des études de droit, droit international, droit public de l’économie. Moi qui rêvait d’être architecte ou réalisateur de cinéma, c’est un peu raté !
Ensuite, il y a eu cette passion pour la politique. Je viens d’une famille assez politisée et engagée dans le milieu associatif. Mes premiers souvenirs sont politiques, la mort de Mitterrand, Le Pen au second tour. J’ai fait la campagne de Ségolène Royal en 2007 puis de François Hollande en 2011 et 2012. J’ai eu de nombreux engagements associatifs et des plus politiques au PS et au MJS. J’ai donc naturellement travaillé cinq années dans ce milieu… même si j’étais déjà convaincu que la politique ne doit pas être un métier. D’abord j’ai travaillé à l’Assemblée nationale avec plusieurs Députés, puis au gouvernement en tant que chef de cabinet dans deux ministères différents époque François Hollande. Et ensuite, il y’a eu l’aventure « En Marche » pour la campagne d’Emmanuel Macron.
Pourquoi avoir rejoint le parti En Marche d’Emmanuel Macron ?
Pour mille raisons. J’avais plusieurs amis parmi les fondateurs et j’avais envie de vivre cette aventure. Ça correspondait aussi à mon positionnement politique. Si je devais retenir seulement deux motivations, je dirais que j’étais consterné par le fonctionnement de la machine PS et que j’étais sceptique sur notre capacité à la faire évoluer. Et sur un autre plan, j’avais été profondément choqué par la proposition du Président Hollande concernant la déchéance de nationalité. Emmanuel Macron, alors ministre, avait d’ailleurs émis publiquement des réserves.
Une campagne présidentielle, c’est quelque chose d’extraordinaire. Il faut le vivre pour le comprendre, il faut vraiment vivre cette aventure. Beaucoup de travail, beaucoup de stress, mais à la fin, ce sont des rencontres incroyables. Et nous avons la chance d’être couronné de succès.
Parmi vos rencontres…il y’a eu aussi des personnalités qui sont devenues ministres…Y a-t-il des membres du gouvernement avec qui vous êtes restés proches ?
Lorsque j’étais directeur général d’En Marche puis Trésorier, j’ai eu l’opportunité d’être en contact avec plusieurs membres du gouvernement. Certains étaient déjà des connaissances ou des amis, d’autres le sont devenus. Julien Denormandie par exemple, est quelqu’un pour qui j’ai beaucoup d’estime. Benjamin Griveaux est quelqu’un de top humainement et un gros bosseur, Sibeth Ndiaye aussi…Tous ceux qui étaient là depuis le début de la campagne sont restés des proches. Ah… et oui…Il y’a évidemment Cédric O qui aujourd’hui est devenu secrétaire d’état au numérique. C’est un ami depuis assez longtemps et dès que nos agendas nous le permettent, nous jouons au foot ensemble. Et je vous confirme que nous n’avons pas le niveau pour jouer au Red Star !
Quelles étaient vos missions chez En Marche ?
Elles ont évolué car au départ, il n’y avait qu’une dizaine de salariés et la structure a grandi très rapidement. Je supervisais les équipes en charges des finances, des ressources humaines, des affaires juridiques, de la logistique et du fonctionnement interne. De manière générale, il s’agissait de gérer l’hyper-croissance de la structure pour que la machine tourne à plein régime. Puis j’ai dirigé en binôme la campagne expresse des législatives. Il a fallu élaborer toute la stratégie et les outils de campagne (communication, financiers, juridiques, logistiques, matériels…) et assurer l’accompagnement de 530 candidats, pour la plupart inexpérimentés, et de leurs équipes. Enfin, après l’élection d’Emmanuel Macron, je suis devenu directeur général du Mouvement pour assurer la transition dans une période très mouvementée. Nous avons dû procéder à une restructuration complète des équipes (75% de renouvellement dû aux départs à l’Élysée, au Gouvernement et au Parlement). Nous avons dû rédiger et faire adopter de nouveaux statuts, faire évoluer la gouvernance, entamer une structuration financière locale, assurer un énième déménagement, etc.… Ce furent 6 mois intenses.
Comment passe-t-on de DG d’un parti politique à DG d’un club de foot ?
Eh bien, ce sont des rencontres, des coups de chance ! J’ai eu l’opportunité de rencontrer le Président du Red Star, Patrice Haddad, qui m’a présenté toute l’histoire de ce club que je connaissais déjà. Pour ceux qui ne connaissent pas, le Red Star est un club historique, fondé en 1897 par Jules Rimet et quelques amis. Dans les années 20, 30, 40, le Red Star domine le football français avec les meilleurs joueurs de l’époque : Gamblin, Eugène Maës, Paul Nicolas, Chayriguès… Ces noms ne disent peut-être rien à nos générations, mais ils étaient les Varane, MBappé, Griezman ou Lloris de l’époque… Le Red Star, c’est aussi une identité de territoire. C’est un lien entre Paris et sa banlieue, une frontière qui s’efface. Le PSG c’est Paris, le Red Star c’est Paname ! J’ai donc eu cette chance de rencontrer le Président du Red Star qui m’a expliqué son projet, sa vision et les difficultés qu’il rencontrait… J’ai tout de suite été séduit et j’ai privilégié cette option par rapport à d’autres opportunités professionnelles. C’était un choix de cœur !
Notons qu’il y a quelques similitudes entre ces milieux. Et le foot, comme la politique, est une vraie addiction.
Dans votre carrière, quelles ont été vos trois meilleures rencontres ?
Je mets de côté Macron qui est hors catégorie ! En premier, je dirais Thierry Mandon qui a été ministre à la réforme de l’état et à la simplification puis ministre chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche avec qui j’ai travaillé pendant deux ans et demi. C’est une personne exceptionnelle sur le plan humain et intellectuel ! Il a une culture générale fabuleuse et c’est quelqu’un qui m’a beaucoup appris ! J’ai eu aussi cette chance incroyable d’échanger avec l’astronaute Thomas Pesquet. C’est quelqu’un de très intéressant dont j’admire l’engagement écologique ! Je me souviens aussi d’une autre rencontre inoubliable avec l’acteur Denis Podalydès. J’ai passé 6 heures de tournage à ses côtés pour l’un de ses films où je faisais de la figuration… C’était magique ! C’est un acteur qui a énormément de talent.
Vous allez prochainement quitter le Red Star… Pourquoi Partir ?
Dans la vie, il y a des hasards, des choses qui ne sont pas spécialement prévues. Ma compagne a eu une belle opportunité professionnelle en Afrique du Sud. Nous avons donc décidé d’y aller ensemble. Ça été une décision murement réfléchie. Ça va me laisser aussi le temps de me consacrer à mes projets personnels. J’en ai plein… Il va aussi falloir que je trouve un emploi là-bas… J’ai déjà quelques pistes mais rien n’est encore concrétisé, c’est un peu un saut dans l’inconnu, mais c’est stimulant !
Pour finir, avez-vous d’autres passions en dehors du travail et quelles sont vos motivations dans la vie ? J’en ai plein ! L’architecture, le cinéma, la poterie, … mais je suis très curieux, donc j’ai souvent de nouvelles passions. Mes motivations c’est d’apprendre, de rencontrer de nouvelles personnes, d’avoir un impact positif sur la société. Ce dernier aspect est en train de prendre le dessus, notamment avec la préoccupation écologique qui nous concerne tous, j’ai vraiment envie d’être utile.
Saad Merzak
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13 September 2019, 9:25 pm - 13 minutes 9 secondsMAUD BAILLY : « Nous avons un devoir de transmission chez ACCOR »
Bonjour à tous et aujourd’hui dans Tout pour réussir je reçois Maud Bailly, Chief Digital Officer de chez Accor et qui a déjà connu plusieurs vies professionnelles… Diplômé de l’ENA et l’ENS, Maud Bailly a été directrice des trains à la SNCF puis chef du pole économie à Matignon (gouvernement Valls), Maud Bailly est aujourd’hui CDO au sein du ACCOR.
Bonjour Maud, Chief digital officer chez Accor, ça consiste à quoi ?
Mon poste de CDO (ndlr : chief digital officer) recouvre plusieurs secteurs clés dans le cadre d’une transformation. Le premier c’est la data c’est à dire tout ce qui est autour de la donnée, le deuxième c’est les systèmes d’information…Ensuite j’ai tout ce qui est à trait à l’expérience client au sens large : CRM, Marketing digital, centre d’appels mais aussi programme de fidélité qui est profondément repensé avec le lancement de ALL, toutes les solutions apportées aux hôtels…Il y’a aussi la direction produit qui est essentielle à l’ère de l’usage du digital. Et puis aussi le réseau des ventes et de la distribution.
Cela fait beaucoup boulot…A quoi ressemble votre journée type chez Accor ?
Il n’y a pas vraiment de « journée type » car tout dépend si l’on parle de ma journée en France ou à l’étranger car mon périmètre couvre 100 pays et 5 principales régions. En gros, ma journée commence lorsque je suis dans le taxi, au téléphone, avec mon super assistant Julien qui me rappelle ma journée. Ensuite, je commence à lire les 50000 mails que j’ai dans ma boite de réception…Après, je fais des réunions en One-to-One avec mes collaborateurs parce que je crois beaucoup à l’importance du management et du suivi du collectif. Ensuite, je peux aussi avoir ce qu’on appelle des réunions thématiques…ça peut être une réunion où l’on va parler de l’intégration d’une nouvelle marque etc…réunion sur le lancement de ALL par exemple (Accor Live Limitless)…qui est notre nouveau programme de fidélité qui sera actif d’ici la fin de l’année. Ça peut être aussi la rencontre avec des étudiants car chez Accor, nous sommes très engagés dans le recrutement…Raconter notre secteur de l’hôtellerie et de transmission…Nous avons un devoir de transmission chez le groupe Accor. Faire aussi des tables rondes avec les directeurs d’hôtels, recueillir les feedback sur le terrain…Enfin le soir, je rentre chez moi sur les rotules mais ravie malgré quelques coups de stress dans la journée.
Un peu de sport peut être durant la journée ?
Le sport c’est plutôt le week-end…Je m’étais inscrite à la salle de sport d’Accor mais je crois que j’y suis allé deux fois en deux ans et demi donc mon assistant a enlevé mon abonnement.
Quel type de manager êtes vous au travail ?
Je crois que je suis un manager très exigeant. J’espère être aussi très bienveillante. Je dis toujours à mes équipes qu’elles sont en sécurité avec moi. J’aime les valoriser, d’accompagner leur potentiel, de les mettre en avant…Lors de mes présentations en Comex devant mes pairs avec notamment Sébastien Bazin, il m’arrive d’emmener mes équipes à mes cotés. Je trouve cela important pour accroitre leur visibilité ou leur dire merci.
Précédemment, vous étiez directrice des trains à la SNCF…Comment passe-t-on des trains aux hôtels ?
Par une rencontre…J’étais à un diner professionnel et dans le cadre de ce diner, j’ai eu la chance de rencontrer Sébastien Bazin (ndlr : PDG de chez ACCOR). Rien ne me prédestinait à aller chez Accor…A ce moment là, j’étais même en discussion avec une autre entreprise orientée technologie pour prendre un poste de direction générale et puis en rencontrant Sebastien Bazin, il y’a eu une forme d’accroche en terme de valeurs, de vision de transformation…Je dis toujours à mes équipes qu’il faut choisir un job en fonction de deux critères :
- Il ne faut pas être allergique au cœur de métier,
- Il faut choisir son N+1, important en terme de valeurs, de visions etc…
Quelles souvenirs gardez-vous de votre passage à Matignon (époque Manuel Valls) ?
Je garde le souvenir toujours ému de l’entrée dans la grande cour du 57 rue de varenne avec en haut à gauche, la déclaration des droits de l’homme gravée sur le mur. Ce que je vivais là bas était extraordinaire. J’y ai travaillé deux ans et j’étais en charge des affaires économiques et digitales. J’ai toujours eu une forme d’émerveillement, de me dire que c’était exceptionnel, qu’il fallait que j’en profite et que je fasse de mon mieux.
Etes vous resté en contact avec l’ancien premier ministre Manuel Valls ?
Oui ! J’ai déjeuné avec lui l’année dernière. On ne se voit pas tout le temps mais j’ai toujours plaisir à le revoir. J’ai gardé beaucoup d’admiration et de respect pour le premier ministre.
Comment se fait-il que vous soyez quasi absente des réseaux sociaux ?
Je suis sur Linkedin. Je n’ai pas de community manager donc les posts ce sont les miens…les réactions…Ce sont les miennes…Je ne suis pas sur les réseaux sociaux car cela prend un temps dingue pour s’en occuper soi-même…Je veux que ça soit une parole qui soit la mienne… Je n’aime pas beaucoup l’anonymat des réponses dans les réseaux sociaux. Je trouve qu’il y a une forme de gratuité qui peut être dangereuse.
Quelles sont vos hobbies lorsque vous ne travaillez pas ?
Passer du temps avec ma famille, déjeuner avec ma mère, voir mes amis qui sont tous formidables…Voyager, faire de la danse et DORMIR !!!
Ah oui…Vous dormez beaucoup ?
Oui…Je suis une très grosse dormeuse…Ce qui est très drôle c’est que les gens pensent que dans ces jobs là, tu dors 4-5 heures…Moi, pas du tout ! J’adore dormir !Où voyez vous votre avenir dans les dix prochaines années ?
Lorsque j’étais petite mon métier de rêve, c’était chirurgien de la main. On ne peut pas dire que j’ai eu du flair(rires…) Si on m’avait dit lorsque j’étais à l’inspection des finances que j’aurais fait chef de gares, chef du pôle économie et digitale chez le premier ministre puis CDO chez Accor, je pense que j’aurais doucement ricaner ou pris les gens qui disaient ça pour des fous…Ma mère a une phrase très jolie qui dit que : « La vie a plus d’imagination que nous » Nous sommes dans un monde du travail qui change tellement vite, qui est fait de tellement d’opportunités, qu’il faut rester à la fois humble et très ouvert. A l’avenir, ce que j’aimerais garder c’est du management, de la transformation, une dimension opérationnelle et aller encore plus loin dans un domaine qui me tient à cœur : pédagogie et éducation. Aujourd’hui, j’essaie de donner pas mal d’enseignements bénévoles parce que j’y crois beaucoup…Je pense que tout part de l’école…Peut être garder cette dimension managériale, transformation et aussi transmission et éducation…Mais ça, Il y’a que l’avenir qui nous le dira !
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23 August 2019, 7:23 pm - ANGELO GOPEE : « Un festival est avant tout le regroupement des musiques actuelles. »
Bonjour à tous et aujourd’hui dans Tout pour réussir je reçois Angelo Gopee, directeur général de Live Nation. Si je vous dis ED Sheeran, Ariana Grande, Maroon Five ou encore Beyoncé…C’est qu’ils ont en commun d’être signé chez l’un des plus gros producteurs de concert au monde Live Nation.
Saad Merzak : Bonjour Angelo, depuis 2012…vous êtes devenu le directeur général de Live Nation, comment en êtes-vous arrivé là ?
Angelo Gopee : C’est l’aboutissement d’une carrière qui a toujours été conduite par la passion. Je pense qu’aujourd’hui à partir du moment où l’on part de quelque chose qui n’est pas forcément carriériste…On a avancé au travers d’épreuves, de joies, de peines et enfin pour arriver au poste qui était considéré comme le graal à l’époque. Chez Live Nation France, on était 4-5 personnes au départ et aujourd’hui nous sommes 90 personnes. L’idée a toujours été d’avancer, de construire et d’assouvir cette passion qui m’anime tous les jours.
Le Lolapalooza revient pour une troisième année…Orelsan, Nekfeu, Twenty One Pilots…Comment travaillez vous la programmation de ce festival ?
Un festival est avant tout le regroupement des musiques actuelles. Nous sommes un festival où l’on trouve cette année : Bad Bunny, Jain, Orelsan, Iam, twenty One Pilots, Nekfeu, Jaden Smith, Kungs, The Strokes, Ben Harper etc….C’est vraiment un mélange des musiques actuelles…
C’est à dire de la musique urbaine, de la pop, de la musique électronique, de la variété, du reggaeton etc…On essaie de regrouper aujourd’hui ce qui nous paraissait le plus cohérent pour faire à Paris une affiche différente des autres festivals et entendre le temps d’un week-end ce qui se fait le mieux dans les musiques actuelles.En ce qui concerne la partie organisation, on commence toujours à travailler un an en avance par rapport aux disponibilités des artistes, aux artistes qui sont émergents…C’est à dire qu’on fait des paris sur ceux qui vont être émergents… Par exemple là, ça fait des mois qu’on est sur Bad Bunny…Aujourd’hui on sait que le reggaeton est un courant important. Il n’y a aucun festival qui programme du reggaeton en France.
Pour résumer, je dirais que la programmation est un mélange de paris, un mélange de quelque chose qui soit beaucoup plus muri et d’équilibre entre les artistes comme The Srokes, Martin Garrix, Iam, Tash Sultana et Ben Harper etc…
Le truc c’est d’essayer quelque chose qui soit assez concis, représentatif de ce que peut être la musique aujourd’hui, pertinent et représentatif.
Avec plus de 20 ans de carrière dans l’industrie musicale…C’est quoi votre meilleur souvenir ?J’ai trop de souvenirs ! Vous savez les premiers concerts, les premiers artistes, les premières rencontres etc…Je peux vous en citer deux ou trois… Le premier est avec Jay Z. Depuis qu’on travaille ensemble, on s’est toujours dit qu’un jour il ferait l’Olympia, le zénith puis après il ferait l’Accor hotel Arena et le stade de France…Et finalement il fait 2 stades avec
« On the run » en 2013 et lorsqu’il est descendu de scène. Il est venu vers moi, m’a pris dans ses bras et il a prit sa casquette et m’a dit « We dit it » (ndlr : on l’a fait). On a passé deux minutes ensemble dans les bras et c’est des choses qu’on se dit qu’ils peuvent paraître aléatoire mais quand on arriver à les réaliser, il n’y a rien de plus merveilleux.Il y’a eu aussi le groupe « Public Enemy » qu’on a fait venir dans le cadre de « Gods of rap » et puis bien sur la rencontre avec Michelle Obama car déjà… j’ai lu le livre, on parle de diversité dans la culture, d’équilibre hommes-femmes et elle aujourd’hui a prouvé qu’elle pouvait y arriver peut importe là d’où on vient, sa couleur de peau etc…En sortant de la salle ce soir là, 75% des femmes sont sorties re-boostées. Elle et son mari sont des gens qu’on fait beaucoup et sont des leaders incontestables et incontestés.
Live Nation est surtout connu en France pour organiser des évènements liés à la musique… L’événement organisé avec Michelle Obama dans le cadre de la sortie de son livre pourrait avoir lieu avec d’autres personnalités ?
Bien sûr, pourquoi pas ?! Bill Clinton et Hilary Clinton sont en tournée aux Etats-Unis avec Live Nation. Aujourd’hui, il faut juste savoir que chez Live Nation on fait du divertissement.
Les gens viennent pour se divertir, écouter des choses, se motiver etc…C’est notre travail de mettre à disposition nos outils, nos compétences, nos connaissances afin de pouvoir monter ce genre d’évènements.Votre pire souvenir ?
Le pire souvenir a été lorsqu’il y’a eu l’attentat au Bataclan.
On avait le groupe « U2 » qui devait jouer le lendemain.Pendant trois jours, on a dû prendre la décision de bouger la tournée, rebooker les avions, rebooker les hôtels etc… de rechanger entièrement la fin de la tournée…Le groupe tenait absolument à jouer à Paris. Pendant 15 jours personne n’a dormi pour pouvoir faire ce que le groupe voulait. C’était important pour eux venir rendre hommage à Paris.Il paraît que vous avez beaucoup compté pout les débuts de Lady Gaga…Racontez nous…
A l’époque où Lady Gaga a commencé, elle venait avec sa première chanson qui s’appelle « Just Dance » et c’était difficile de lui faire remplir une grande salle avec un seul titre et on avait donc trouvé un compromis avec l’agent et donc à l’époque on lui à fait faire la première partie des Pussycat Dolls. On est parti diner ensemble, elle me racontait qu’elle avait passé pas mal de temps dans le sud de la France et qu’elle parlait un peu français…
Le lendemain de sa date, je lui ai proposé avec Nicole des Pussycat Dolls de l’emmener à un
spectacle « Bharati », le spectacle indien…Elle avait passé l’après midi à faire des photos avec tous les danseurs, elle avait dansé, chanté…Ce sont des moments simples mais qui sont très bien.Entre les tournées d’artistes, festivals…Est ce qu’il vous arrive de prendre des vacances ?
J’essaye de prendre des vacances dès que je peux…Au moins deux fois par an… Je rentre chez moi à l’ile Maurice et j’essaye de déconnecter au mieux mais mais on ne déconnecte jamais vraiment… Au quotidien, on est toujours guidé par la même passion, la musique etc…
Retrouvez les autres entretiens ici
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16 July 2019, 5:16 pm - Nathalie Cros-Coitton : « Le but d’une Top modèle est de devenir une égérie. »
Tout Pour Réussir, dix minutes d’interview avec Saad Merzak. Un retour sur la carrière d’une personnalité du monde médiatique, artistique ou économique, et les raisons de son succès. Aujourd’hui Saad reçoit Nathalie Cros Coitton,dirigeante de la plus grosse agence de mannequins en France, Women Management. Elle est également la présidente de la fédération des mannequins.
Bonjour Nathalie…Comment vous est venue cette passion pour l’univers de la mode ?
Cela a démarré très jeune puisque j’avais 18 ans…A l’époque il y avait des soirées au « Palace » où j’ai rencontré des gens…J’ai été fascinée par cet univers qui était très créatif avec des photographes, des stylistes, des gens très originaux et ça m’a tout de suite fasciné.
Dans les années 80…vous étiez plutôt organisatrice de festivals rocks…Comment passe-t-on de la musique à la direction d’une agence de mannequins ?
J’aimais beaucoup ce que je faisais avec les musiciens et d’un seul coup je me suis dit que je préférais écouter de la musique plutôt que de travailler dans cet univers. Finalement, j’ai intégrer le milieu de la mode et celui des agences de mannequins parce que je trouvais ce milieu très fun, très festif…très intéressant aussi car il y’avait beaucoup de gens très excentriques et originaux !
Quelles ont été les rencontres qui vous ont le plus marqué ?
Je vais rendre un hommage à Gérald Marie qui a été le premier à m’avoir engagé lors que j’avais 20 ans. Il était dirigeant de l’agence Elite. Il m’a très vite confié de très grandes mannequins et je suis même devenue sa directrice à 28 ans…Je le salue donc ! J’ai eu aussi la chance de travailler avec Hedi Sliman qui est quelqu’un de tellement brillant et qui m’a apporté beaucoup de choses.
Votre agence représente 600 mannequins en France. Qui sont vos principaux clients et vos mannequins les plus connus ?
Yves Saint Laurent, Chanel, Dior, Louis Vuitton…Je l’ai ai tous !!! Parmi les mannequins connus, nous avons Winnie Harlow, Anna Ewers, MariaCarla (Boscano), Jourdan Dunn, Natasha Poly et j’en passe…La liste est longue !
Quelle différence y’-a il en gérer la carrière d’un mannequin « Nobody » et celle d’une célébrité ?
Le « nobody » d’aujourdhui devient la célébrité de demain. Un mannequin qui débute…Et bien…il faut s’en occuper, lui apprendre le métier…Il faut le former, lui faire prendre les bons choix…Nous sommes très sollicités, il faut donc aussi bien négocier les contrats qui sont faramineux. Le but d’une Top modèle est de devenir une égérie. Il faut donc l’emmener tout doucement vers cela.
Dans toute votre carrière, quelle a été votre pire souvenir ?
Lorsque j’étais jeune, il m’est arrivé un jour où j’étais seule au bureau. Naomi Campbell appelle me demande un « Concorde » car elle avait loupé son premier avion « Conconrde ». Je ne savais pas quoi faire et j’étais en panique car il y’avait qu’un avion Concorde par jour. J’étais très paniquée…
Et votre meilleure souvenir ?
C’était lorsque je suis allé voir le défilé Yves Saint Laurent avec Béatrice Dalle devant la tour eiffel. Tellement magique et magnifique.
Aujourd’hui, quels sont les critères pour être sélectionné en tant que mannequin chez « Women management » ?
Au delà des critères physiques, effectivement il faut être grande…J’aime bien les mannequins qui racontent une histoire. J’aime bien les beautés qui ont charismatiques…Pour moi c’est primordial !
Avec l’ère numérique, vous leur demandez aussi leurs nombres de followers ?
C’est important aujourd’hui d’avoir une communauté avec pleins de followers. Lorsque nos mannequins n’en n’ont pas, on se bat pour leur en obtenir. Nous mettons en place des stratégies et nos équipes travaillent là dessus.
A quoi ressemble votre vie lors que vous ne travaillez pas ?
Je suis une femme mariée et j’ai deux enfants. Mon fils Roman qui est encore au lycée et ma fille Alice qui chante et qui est connue sous le nom de « Alice et moi ». Ma famille est très importante pour moi même si je n’arrive pas forcément à me déconnecter le week-end. En même temps j’en ai pas besoin car j’aime beaucoup ce que je fais, j’aime travailler…Pour moi la valeur du travail est une très belle valeur et je l’ai donné à mes enfants.
Où voyez-vous votre avenir dans les 5 prochaines années ?
Je vais continuer à monter cette agence. Il va falloir qu’on s’adapte très vite car notre milieu est entrain de changer, notre métier est entrain de changer…On le voit avec les réseaux sociaux et il faudra donc être très attentif ! Il faut donc inventer l’agence de demain et là dessus je suis en pleine réflexion.Merci Beaucoup
Interview réalisée par Saad Merzak
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26 February 2019, 12:38 pm - Xavier Albert : « ça fait 3 ans que je suis chez Universal et je n’ai aucun regrets »
A l’occasion de la sortie du film « Halloween » ce mercredi dans les salles obscures, nous avons rencontré le Directeur général du studio Universal Pictures, Xavier Albert.
Bonjour à Tous et aujourd’hui dans Tout pour réussir, je reçois Xavier Albert. Vous avez été Directeur du marketing chez Disney puis chez Netflix et aujourd’hui vous êtes le directeur général de l’une des plus grosses majors dans le cinéma.
Bonjour Xavier Albert…ça va faire 2 ans que vous êtes à la tête d’Universal Pictures France…Quel bilan faites-vous de ces deux dernières années…
En fait, cela va faire presque 3 ans. Par rapport à mon bilan, il faut plutôt demander l’avis aux équipes, notamment celles de Londres et de Los Angeles. Nous avons eu de bonnes années, notamment 2017 et 2018…L’année 2016 fut contrastée mais nous étions prévenus. Les succès sont au rendez-vous donc tout va bien.
Comment êtes vous arrivez à la direction générale de ce groupe ?
Avant, j’étais chez Netflix…Lorsque mon prédécesseur Stéphane Huard est parti rejoindre un autre studio « Sony Pictures », j’ai été contacté par Linkedin et les équipes d’Universal pictures ont insisté pour que je prenne la direction de ce groupe…Comme je suis un vrai passionné de cinéma, j’ai décidé de venir au cœur du métier même s’il y’a beaucoup d’interrogations sur l’avenir de nos métiers.
D’où vous vient cette passion pour le 7ème art ?
Je me suis toujours défini comme un cinéphage…Je suis de la génération « Starfix »… Je me suis toujours intéressé au cinéma de genre…J’étais bien évidemment ouvert à d’autres types de films. Aller voir un film en salle m’a toujours plus. Je pense que je dois cela à l’éducation de mes parents. J’ai beaucoup aimé les films de superhéros mais après je ne saurais pas expliquer vraiment comme je me suis intéressé aux chiffres dans le cinéma…J’ai toujours voulu m’intéresser au box office français, box office US….
A quoi consiste votre travail exactement ? C’est quoi votre journée type ?
Le rôle de directeur général n’est pas si excitant qu’on pourrait le penser…En fait le job d’un directeur général c’est beaucoup de reporting, de management et encore des chiffres…beaucoup de chiffres…Désolé, de vous décevoir ! Pour résumer une journée type, je fais beaucoup de One-to-one avec mes équipes en interne et avec notamment le comité de direction. Beaucoup de réunions en extérieur comme par exemple avec la fédération nationale des distributeurs de film ou avec le SFAC Syndicat Franco-Américain de la Cinématographie. Après, il y’a l’aspect « reporting », donc pas mal d’appels et d’emails avec Londres, Los Angeles…Après il y a aussi le coté fun du métier c’est à dire les projections de film, les venues des talents qui pour moi est une petite bulle de respiration…C’est aussi mon rôle de les accueillir.
Netflix que vous avez connu pendant un an et demi est en plein développement vous ne regrettez pas d’être parti ?
Je dis toujours qu’il ne faut pas avoir de regrets dans la vie. On peut avoir des remords après…mais pas de regrets ! ça va faire 3 ans que je suis chez Universal et je n’ai pas de regrets. ça été une décision très personnelle et l’une des plus difficiles de ma carrière car chez Netflix, ça se passait bien et c’est une société très passionnante à tous les niveaux. Je travaillais au bureau français de Netflix à Paris…Nous étions une petite équipe…Alors que là en revenant chez Universal, je reviens à la source du contenu. Nous sommes un studio en prise avec les créateurs ce qui était moins le cas chez Netflix. Je suis aussi un amoureux de la salle du cinéma !
A quoi ressemble votre vie vie lorsque vous ne travaillez pas… ?
J’arrive à couper de mon boulot car j’ai une vie personnelle très chargée. J’ai deux enfants en bas âge et il faut donc avoir du temps pour s’en occuper. Comme je vous l’ai dit tout à l’heure, je suis passionné par le cinéma et les chiffres donc j’arrive à allier ma passion et ma vie privée. Le matin lorsque je me réveille, j’analyse le marché la veille. « Qu’est ce qui s’est passé ? Comment se passe la concurrence ? » Je le fais vraiment avec plaisir.
Depuis que vous êtes dans le cinéma…Quelles ont été vos 3 meilleures rencontres ?
La première meilleure rencontre c’est facile car c’est quelqu’un que vous avez interviewé récemment, c’est Jean François Camilleri, président de Walt Disney Company en France car c’est lui qui m’a élevé dans ce métier. C’est un peu mon père spirituel. Je ne l’oublierai jamais et on a toujours eu une relation forte, du coup, je ne peux que penser à lui. C’est rare d’avoir des personnes comme lui qui vous apprennent beaucoup et avec qui vous vous entendez bien intellectuellement. Ça été l’un de mes grands regrets lorsque j’ai dû quitter Disney…Toujours chez Disney, j’ai le souvenir d’un bon diner avec M.Night Shyamalan pour la sortie de « Split ». Nous sommes restés deux heures à parler…L’échange fut passionnant où il me parlait de son métier, de sa vision et de Split bien évidemment…Plus récemment, nous avons fait un diner improvisé avec Jamie Lee Curtis pour la sortie du film « Halloween » et que je dois avouer que cette femme m’a complétement stupéfait. Jamie Lee Curtis est d’une élégance rare, d’un professionnalisme exemplaire…Elle a un bon équilibre entre sa vie professionnelle et personnelle…C’est vraiment un exemple pour moi.
Interview réalisée par Saad Merzak
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24 October 2018, 12:21 pm - Audren Dimitris : « Je gagnais plus d’argent en tant qu’organisateur de soirées qu’en gérant. »
Bonjour à tous, aujourd’hui dans « Tout pour réussir » je reçois Audren Dimitri. Vous êtes organisateur et créateur de concepts de soirées, vous dirigez aussi des lieux festifs de restauration et boites de nuits. Un de vos plus grand succès, c’est la « Parisienne », un concept de soirée que vous organisez tous les mardis soir, depuis 2009, dans différents clubs parisiens.
Vous travaillez dans le milieu de la nuit depuis l’âge de 16 ans, comment êtes-vous arrivé dans ce milieu et qu’est-ce qui vous a séduit ?
Alors 16 ans c’est peut-être un peu trop tôt, mais oui 17 ans et demi… Qu’est ce qui m’a séduit ? Disons que je n’ai pas eu trop le choix, je me suis retrouvé un peu à la rue à l’époque… J’ai accompagné, je dormais chez un ami, lui a commencé à être videur dans un établissement qui allait ouvrir sur Bastille et donc moi je l’accompagnais tous les soirs, pendant qu’il était videur. J’étais là, je parlais avec lui toute la nuit, et le propriétaire de l’établissement m’a dit « écoute vu que tu fais rien va ramasser des verres je te donnerais 300 francs » – c’était l’époque des francs. C’est comme ça que ça a commencé. Argent facile, travail sympathique… Ça s’est enchainé, je travaillais tous les soirs, j’ai fait différents postes, serveurs, beaucoup de tractation de racolage puisqu’à l’époque il n’y avait pas les réseaux sociaux etc. Il fallait vraiment attirer les gens, et ils restaient chez nous parce qu’ils n’avaient pas les moyens de voir ce qu’il se passait ailleurs. J’ai évolué au fur et à mesure à tous les postes jusqu’à produire mes événements, des événements qui ont commencé à connaitre un bon succès et au fur et à mesure des années avec le nom et le renom j’ai pu rentrer au capital d’établissements qui m’ont permis de devenir propriétaire à mon tour.
En plus d’être propriétaire, vous allez collaborer avec plusieurs clubs, notamment le Baron, le Madame, le Sens ou encore le club 79. Parmi tous ces clubs, quels sont vos meilleurs souvenirs de soirées, meilleures collaborations ?
Au départ, j’étais videur au Baron donc c’était très marrant, puisque je viens de le racheter au mois d’aout…Maintenant je suis le propriétaire du Baron. Les belles anecdotes c’étaient des années et des périodes différentes. J’avais une soirée forte, le mardi, qui s’appelait la « Parisienne », qui a pris de l’ampleur au fur et à mesure que j’ai pu exporter à l’étranger là déjà, c’était une satisfaction. Le 79 j’ai créé ce club de A à Z et c’était le club numéro 1 sur Paris pendant au moins deux ans en ayant reçu des mecs comme Jay Z, des Kanye West, toutes les stars qui puissent exister au monde… En faisant des concerts privés de Pharell Williams, en réunissant 2000 personnes chaque soir c’était un peu improbable on avait créé une sorte de concert boite de nuit avec une euphorie. Ces année-là ont été mes plus grandes et belles années. Je pense… Après j’ai géré des événementiels sur les jardins de Bagatelle, et développé d’autres boites, j’ai accédé à la propriété du BC qui était un after célèbre aussi à l’époque. Mais c’est vraiment la période Club 79 je pense qui a déclenché mon ascension et l’accès à la propriété…
Mais alors est-ce que dans tout ça il y a quand même un pire souvenir peut-être ?
Il y a pleins de pires souvenirs…
C’est vrai ? Haha. Tout n’est pas si beau dans le milieu de la nuit.
Le problème c’est que le milieu de la nuit, c’est le milieu de l’événementiel…Du coup c’est beaucoup de stress.
Bien sûr.
Beaucoup de choses, beaucoup de shows de dernière minute qui ne se passent pas comme il faut. Des erreurs humaines qui entrainent des coûts matériels importants….
Et en parlant de stress justement, cette semaine ça marque le début de la Fashion Week, à quoi ressemble votre semaine par exemple du matin jusqu’au soir ?
Alors, c’est une semaine qui est un peu improbable. Parce que justement je viens de créer The Key qui a ouvert récemment…C’est un truc qui me tient à cœur et j’ai du mal à délégué j’ai toujours eu du mal a délégué, c’est le problème de ma vie. De là à choisir la déco, aller l’acheter, comme il manque un ruban de scotch il faut aller à Leroy Merlin, et après revenir sur place pour voir ce que ça donne et s’apercevoir que ce n’est pas bon. Voilà, donc ça c’est du côté matériel jusqu’au côté organisationnel…Les plans de table, les réservations qui tombent, la communication, les réseaux sociaux, la pub, le marketing. Je suis sur tout de A à Z parce que j’ai peur, tout simplement qu’il y ait un truc qui se passe comme je n’ai pas envie que ça se passe.
Bien-sûr. J’imagine. Et alors pour accéder justement à cette « success-story » il y a des gens forcément qui vous ont aidé, c’est quoi pour vous les rencontres qui vous ont le plus marqué dans votre carrière ? Est-ce qu’il y a deux trois noms auxquelles vous vous dites, ben franchement sans lui et sans lui peut-être que je ne serai jamais là ?
Alors j’ai rencontré beaucoup de personnalités, de gens très célèbres, d’hommes d’affaires très puissants. Parce que je trouve que la nuit est un lien pour justement casser les barrières et pouvoir accéder justement à des choses qu’on ne peut pas accéder, C’est pour ça que j’aime beaucoup aussi ce métier. Eh bien figurez-vous que mes plus belles rencontres sont deux à trois personnes qui sont devenus mes meilleurs amis que j’ai rencontré en boite de nuit donc comme quoi les vrais rapports humains peuvent exister en boite de nuit et qui sont des hommes d’affaires qui sont très pointus dans leur milieu et qui m’ont appris parce que moi j’étais sur le côté artistique, le côté humain relation publique c’était un truc que je maitrisais très bien parce que j’aime l’humain mais le côté business de la chose vu que je me suis fait avoir pas mal de fois quand même ces dernières années, n’était pas maitrisé. Et c’est personnes-là qui sont mes amis m’ont aidé déjà sur des projets que j’ai, pour justement accéder, justement à cette propriété, m’ont aidé, et donné des conseils et m’aident toujours aujourd’hui me donnent des conseils, des coups de pouces.
Et qui sont-ils alors ?
C’est des particuliers, je vais peut-être ne pas citer des noms.
Non mais vous pouvez me les dire on sait jamais…
Ben carrément, d’accord. Pas de souci, et alors donc vous avez commencé avec des petits boulots dans l’univers de la nuit, aujourd’hui on va dire que vos revenus ont bien gonflé, sans peut-être nous donné votre salaire, aujourd’hui, est-ce que…
Alors bizarrement, je gagnais plus d’argent en tant qu’organisateur de soirée qu’en tant que patron d’établissement.
Ce n’est pas vrai !
Alors là je suis très riche en dettes !
Comment ça se fait ?
Apparemment les dettes c’est la nouvelle richesse.
Oui mais est-ce qu’on peut dire que quand même à Paris vous êtes la personne qu’il faut connaître si on veut passer une soirée en boîte de nuit ?
Ah oui ! Enfin non, c’est présomptueux. ll y a pleins de nuits différentes à Paris…
Je veux dire, si je vais au Baron et que je dis que je connais Audren on me laisse rentrer non ?
Il y aura d’autres quand même critères que me connaitre parce qu’il y a beaucoup de gens qui me connaissent.
Justement j’allais y venir, il y en a un autre qui est le roi de la nuit aussi qui est Laurent De Gourcuff que j’ai eu l’occasion d’interviewer il y a pas très longtemps, est-ce que pour vous c’est plutôt un model ou un concurrent fin vous vous connaissez ?
J’ai travaillé pour lui et ces 7 dernières années, je lui ai développé pas mal d’établissements dont le 79 et le SENS.
Donc un modèle plutôt ?
Ben, un modèle, quelqu’un qui a fait confiance en moi au début, qui m’a accompagné. Et qui reste un modèle parce que c’est une success-story, après c’est personnel entre lui et moi, voilà.
D’accord, bon ben on en saura pas plus. Et derrière question, alors aujourd’hui vous avez 37 ans, comment voyez-vous votre avenir dans les cinq prochaines années ?
Écoutez je suis plus vieux, j’ai 38 ans maintenant.
Ah 38 ans, pardon !
Depuis le mois de juillet, je vieilli… Le problème c’est que j’ai l’impression toujours d’avoir 20 ans. C’est ça le problème, c’est très grave… Je crois que je vais faire une crise de la quarantaine sévère.
D’accord, et sinon en terme de projets ?
Dans les projets, je suis sur plusieurs établissements à droite, à gauche.
J’essaie de monter des établissements cohérents qui se répondent et pas qui se marchent dessus.
Ok, merci beaucoup en tout cas d’avoir été avec nous.
Je vous en prie.
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28 September 2018, 10:13 am - 13 minutes 13 secondsJean-François Camilleri : « Ce qui me marque chez Disney, ce sont les rencontres avec les artistes ! »
Tout Pour Réussir, dix minutes d’interview avec Saad Merzak. Un retour sur la carrière d’une personnalité du monde médiatique, artistique ou économique, et les raisons de son succès. Aujourd’hui Saad Merzak reçoit Jean-François Camilleri, président de Walt Disney Company en France.
Saad Merzak : Walt Disney Company, ce sont des chaines de télévision comme Disney Channel ou XD, des films à succès comme Black Panther, Avengers ou les autres super-héros de chez Marvel, de la musique, des magazines… Bref, c’est un empire colossal ! Quel bilan faites-vous de ces dix dernières années au sein de l’entreprise américaine ?
Jean-François Camilleri : Cela fait maintenant 30 ans que je suis chez Disney, mais 10 ans que je dirige la partie France de la Walt Disney Company, qui regroupe donc toutes les activités dont vous avez parlé. Quand on est arrivé il y a 10 ans, toutes les sociétés étaient des sociétés spécifiques, avec chacune leur directeur général, financier, marketing, commercial. L’idée à l’époque, c’était de ne faire qu’une seule entreprise, d’intégrer toutes les fonctions afin de n’avoir qu’une seule direction financière, une seule direction marketing, et que les trois métiers que nous faisons, à savoir sortir des films dans les salles, vendre des programmes à la télévision ou fabriquer des chaines de télévision, et donner nos licences à des sociétés extérieures, soient supportés par des équipes spécifiques pour le marketing, la communication, la localisation, les ressources humaines, le juridique et la finance…. Au bout de 10 ans, l’intégration a été faite et cela se passe très bien, c’est-à-dire que tout le monde aujourd’hui se sent concerné par tout ce qui se passe dans l’entreprise, qu’ils travaillent au cinéma, à la musique, aux produits dérivés ou ailleurs.
Vous êtes rentrés chez Disney au début des années 90, d’où vous vient votre passion pour le cinéma, ou plutôt l’univers Disney puisque vous avez fait l’ensemble de votre carrière là-bas ?
Ecoutez, c’est un peu un hasard au départ, c’est-à-dire que je ne voulais pas forcément travailler pour Disney. Le cinéma m’intéressait, mais je n’avais pas non plus comme obsession de travailler dans le milieu. Cela a été une opportunité que j’ai su saisir à l’époque, et puis tout s’est bien passé au fur et à mesure des années : je n’ai jamais eu besoin de partir puisqu’à chaque fois il y avait un nouveau défi qui m’attendait, que j’avais envie de relever. Je suis ainsi parti aux Etats-Unis où j’ai vécu pendant 2 ans, puis je suis revenu en France pour travailler sur des films français, j’ai eu la liberté de créer un label comme Disney Nature, et il y a eu enfin la grande aventure de la Walt Disney Company France et le regroupement de chacune des activités.
Vous avez gravi les échelons petit à petit, quelles ont été vos meilleures rencontres professionnelles ?
Il y a des rencontres au sein de l’entreprise qui sont importantes, mais que les gens ne connaîtront pas. Il est clair qu’on ne pourra jamais oublier la première personne qui vous fait confiance et qui vous donne un poste, parce que sans elle rien n’aurait commencé. Les personnes qui ont 10 ou 15 ans de plus que soi, quand on a 25 ans, et qui permettent d’apprendre plus vite sont clés, de même que les gens à l’extérieur qui permettent de s’ouvrir à autre chose, pour pouvoir nourrir Disney. Il y a eu Kevin Allison, qui m’a engagé il y a presque 30 ans, mais également Dominique Guerin, qui à l’époque m’avait donné une chance dans l’agence de publicité qui travaillait pour Disney, grâce à qui j’ai pu commencer, et puis enfin plus récemment les gens de bonne pioche qui sur le domaine de la nature m’ont aidé à réaliser mon rêve de créer Disney Nature. Il y en a évidemment plein d’autres mais la liste serait trop longue.
Vous avez également travaillé à Los Angeles dans les années 90, quels souvenirs gardez-vous de cette période américaine ?
Le monde était complètement différent, à l’époque c’était l’univers des fax, des télex, il n’y avait pas d’internet, bien évidemment pas de portable, pas de réseaux sociaux a fortiori.. C’était vraiment un monde différent, Los Angeles n’était pas la ville excitante qu’elle est aujourd’hui. C’était donc beaucoup de travail, 12h sans s’arrêter quasiment, tous les jours, dans un univers complétement anglo-saxon. C’était dur, je ne profitais pas du soleil, de la chaleur ou de l’océan, mais j’ai appris énormément de choses. Je pense que passer 1 an et demi là-bas m’a permis d’avoir les fondations, notamment de construire des relations avec les américains, pour rester aussi longtemps dans l’entreprise. Quand on travaille dans la filiale d’une société américaine dans un autre pays, on ne connaît pas le fonctionnement américain. J’ai la chance d’avoir travaillé là-bas et de connaître le fonctionnement, je pense que c’est aussi ça l’un des secrets de ma longévité.
Disney a été un révélateur de talents incroyables, vous avez dû en rencontrer des stars que cela soit à Cannes, à Hollywood ou lors de leur venue promo à Paris. Quelles sont celles qui vous ont marqué et pourqui ?
Moi, ce qui me marque, ce sont les artistes, ceux qui créent. L’avantage qu’on a chez Disney, c’est qu’on travaille beaucoup avec des animateurs et avec des réalisateurs de films d’animation, qui sont en terme artistique extraordinaires. Donc les rencontres avec les gens de chez Pixar, de chez Disney, ou bien évidemment du studio Ghibli, à commencer par Hayao Miyazaki, m’ont appris énormément de choses. L’avantage c’est que j’ai été au début de l’aventure Pixar, de l’aventure Ghibli, au début du renouveau de l’aventure Disney. J’ai donc vu des producteurs, des réalisateurs, voire des animateurs grandir ; j’ai connu John Lasseter il y a plus de 20 ans, j’ai connu Pete Docter, aujourd’hui devenu le nouveau patron de Pixar. Quand j’ai sorti Princesse Mononoké de Miyazaki, c’était il y a bientôt 20 ans, et il avait encore une grande partie de sa carrière devant lui. Ce sont des moments exceptionnels puisqu’on est avec des vrais artistes. J’ai rencontré également tous les comédiens et les réalisateurs avec qui on a pu travailler, que ce soit Bruce Willis, Robert Redford, Angelina Jolie pour Maléfique, ou encore Michael Douglas qui vient d’ailleurs bientôt à Paris. Pour moi, toutes ces rencontres sont vraiment ce qu’il y a de plus fort.
A quoi ressemble une journée type de travail dans votre vie ?
Beaucoup d’organisation en amont, je sais la veille ce qu’il va falloir que je fasse le lendemain. Je me prépare pour faire en sorte de ne pas me faire avoir par les mails qui tombent au fur et mesure. Quand je me réveille le matin, je sais exactement les 10 choses qu’il faut que je fasse absolument dans la journée, et je fais en sorte que ces choses-là soient prioritaires par rapport à tout le reste. Il y a toujours des inconnues et des choses inattendues qu’il faut que je règle rapidement, mais ma journée est ultra organisée parce que sans organisation on n’y arrive pas. J’ai beaucoup d’équipes à gérer, une à Amsterdam, une à Bruxelles, une à Paris, en plus de gérer Walt Disney Company France, Benelux, l’Afrique francophone et le Maghreb. Sans une obsession de l’organisation, je ne pourrais pas y arriver.
Mais alors avec tout ça, est-ce que vous avez le temps d’assister à certains tournages Disney ou pas du tout ?
Oui, parce que je pars du principe que ce n’est pas forcément passer beaucoup de temps qui fait avancer, j’essaie de travailler assez rapidement en étant très concentré, donc j’arrive à me dégager beaucoup de temps à la fois pour ma vie privée et pour les gens de la société que j’essaie de voir souvent. Pour les tournages, je vais chaque année sur ceux des films Disney Nature parce que je les produis. L’avantage, c’est qu’ils sont souvent tournés dans des endroits extraordinaires, tels que le Pôle Nord, les Bahamas, l’Ouganda, le Kenya ou encore le Sri Lanka. L’inconvénient, c’est que cela prend du temps, mais on a les moyens, on est plus comme avant scotchés sur un bureau. On peut travailler pratiquement n’importe où, et c’est aussi ce qui nous donne la possibilité de faire tout ce qu’on veut.
Vous êtes très actif sur Twitter, est-ce que c’est important pour vous les réseaux sociaux ?
Ils ont leurs limites, mais cela reste un moyen extraordinaire de parler à plusieurs milliers de personnes, de faire passer des messages et d’améliorer, si c’est nécessaire, l’image d’un film ou de l’entreprise. Je veux surtout être actif sur ce qui peut faire avancer les choses dans la société en général, parce qu’il y a beaucoup de combats à mener, notamment sur l’environnement, et Twitter nous permet de parler à des gens qui ne sont pas forcément dans le premier cercle de Disney. Si les gens veulent avoir des informations sur Disney, sur Star Wars ou sur Marvel, ils peuvent les avoir à peu près partout, mais ce n’est pas moi qui les apporterait. En revanche, dire ce que le responsable de la Walt Disney Company pense sur un sujet, ou comment il utilise la société Disney pour faire avancer un projet sociétal, c’est cela qui m’intéresse.
A quoi vont ressembler les vacances du patron de Walt Disney Company cet été ?
Mes vacances ressemblent à celles de n’importe qui, 2 semaines au soleil dans le sud de la France en famille pour prendre du bon temps.
Donc déconnexion totale, pas de réseaux sociaux, pas de téléphone ?
Dans la mesure du possible oui, cela m’est déjà arrivé plusieurs fois de partir en vacances sans mon portable, pendant une dizaine de jours à l’étranger, et la société continue à tourner sans aucun problème.
Aujourd’hui vous avez 54 ans et une carrière bien remplie, qu’est-ce qui pourrait vous faire plaisir dans les 10 prochaines années ?
La seule condition est de prendre du plaisir. Comment ? Je ne sais pas, parce que tout bouge très vite, mais ce qui est important c’est le plaisir. Je n’ai jamais voulu aller au travail, j’ai toujours été très conscient que ce qui était important c’était d’être heureux en arrivant au bureau ou même le weekend, parce qu’on sait que son activité professionnelle est remplie de bonnes choses. Dans les 10 prochaines années, je veux que cela continue, peut être chez Disney ou à l’étranger, mais toujours dans cette optique de prendre du plaisir.
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13 July 2018, 1:29 pm - More Episodes? Get the App